The Associated Press

TORONTO — Contrairement à ce que revendique Daech, le chef de la police de Toronto a assuré mercredi que rien ne permet de relier le groupe armé État islamique à la fusillade qui a fait deux morts et 13 blessés, dimanche soir.

Mark Saunders a soutenu que ses hommes continueront à suivre «toutes les pistes», mais qu’aucune information ne relie Daech à l’attaque.

Daech prétend qu’un de ses «soldats» a perpétré l’attaque en réponse à son appel de cibler les citoyens des pays membres de la coalition menée par les États-Unis pour l’éradiquer. Cette allégation circule sur les réseaux sociaux du groupe. Un membre de la sécurité de Daech aurait parlé à l’agence de presse de l’organisation, Amaq.

«À ce stade-ci, nous n’avons aucune preuve pour étayer ces affirmations», a déclaré dans un communiqué le chef Saunders, mercredi. Il a précisé que tous les services du corps policier avaient été impliqués dans l’enquête, et que la police de Toronto avait reçu l’aide de ses partenaires «à tous les niveaux».

Le chef Saunders a indiqué mercredi que la police interrogera ceux qui ont connu Faisal Hussain, passera au crible ses activités en ligne et se penchera sur ses antécédents de maladie mentale.

Une porte-parole du ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a déclaré qu’il n’y avait actuellement aucun lien entre la sécurité nationale et M. Hussain. Le ministre avait déjà déclaré plus tôt cette semaine que M. Hussain ne figurait sur aucune liste de surveillance fédérale liée à la sécurité nationale.

Le quartier se relève lentement

Une femme de 18 ans et une fillette de 10 ans — Reese Fallon et Julianna Kozis — ont été tuées dans la fusillade de dimanche soir, et 13 autres personnes ont été blessées. Le tireur, identifié comme Faisal Hussain, âgé de 29 ans, a été retrouvé mort à proximité. On ne sait toujours pas s’il a été abattu par la police ou s’il s’est enlevé la vie. Ses parents ont expliqué qu’il avait eu de graves problèmes de santé mentale toute sa vie, et que les traitements n’avaient pas été efficaces.

Ce quartier paisible de Toronto a commencé à montrer des signes de reprise, mardi, les clients revenant vers les restaurants et les petits commerces en promettant de ne pas laisser cette tragédie modifier leurs impressions de cette communauté animée. Plusieurs visiteurs ont aussi indiqué qu’ils avaient tenu à venir dans l’avenue Danforth pour réfléchir à la tragédie et montrer leur soutien aux citoyens du quartier.

Trois trous de balles étaient encore visibles dans la vitrine de «Pappas Grill», un restaurant populaire dans Danforth. Le gérant, John Kilanis, a déclaré que le restaurant avait rouvert dès mardi. «Lundi, nous n’avons pas rouvert pour pleurer les vies perdues, mais aujourd’hui, nous devons aller de l’avant», a-t-il expliqué.

M. Kilanis a raconté que les clients et le personnel avaient couru dimanche au fond du restaurant alors que des coups de feu étaient tirés dans l’établissement. L’une des balles a atteint un serveur à la jambe. «Il a obtenu son congé de l’hôpital et il marche avec des béquilles, mais il est de bonne humeur — il a eu beaucoup de chance, je pense, ça aurait pu être pire.»

La fontaine sur la petite place Alexandre-le-Grand, qui servait auparavant de lieu de rencontre pour les habitants, était inondée de fleurs, de messages d’amour à la craie et de marques de soutien. Un autre mémorial improvisé a commencé à prendre forme au collège que fréquentait Reese Fallon quelques semaines avant sa mort.

Une autre veillée a eu lieu mercredi soir dans le quartier de Greektown. Le maire John Tory devait être présent à 19 h dans une église du quartier, avant qu’un cortège à la bougie et à la lanterne ne déambule sur l’avenue Danforth.

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