Archives Métro Média

TORONTO — Comme de nombreux Canadiens profitent de l’été pour des balades en nature, un organisme de protection de l’environnement les implore de ne pas se laisser accompagner par des espèces envahissantes.

Selon Conservation de la nature Canada (CCN), par des activités telles que le camping, la randonnée, le vélo, la pêche, la navigation de plaisance, l’équitation et la conduite de VTT, les citoyens peuvent involontairement répandre des espèces envahissantes dans les cours d’eau et les forêts du pays.

Le groupe a publié une liste des dix principales espèces qui se propagent pendant les activités récréatives estivales.

Selon le biologiste Dan Kraus, la liste comprend des espèces tant familières que surprenantes. Il cite en exemple les chats, qui peuvent tuer des oiseaux et d’autres espèces dont la préservation est en danger.

L’agrile du frêne se propage pour sa part à travers le bois de chauffage; la plante centaurée maculée, par la randonnée et le camping; et le myriophylle en épi, par la navigation de plaisance.

M. Kraus explique que bon nombre d’espèces envahissantes ont peu de prédateurs naturels pour les contrôler.

Il précise qu’une fois introduites dans un écosystème, elles sont souvent capables de s’étendre et de faire concurrence aux plantes et aux animaux indigènes pour des ressources comme l’eau, la nourriture et l’espace.

«Les gens peuvent sans le savoir contribuer à la propagation des espèces envahissantes lorsqu’ils profitent du plein air par des activités récréatives, signale-t-il. C’est pourquoi il est important de partager l’information afin que les gens puissent minimiser la propagation des espèces envahissantes dans de nouvelles régions du Canada.»

_________

La liste des dix principales espèces envahissantes qui se propagent par le biais d’activités récréatives l’été au Canada

Centaurée tachetée: Cette plante envahissante prend d’assaut les prairies et les forêts claires. Elle peut prendre le contrôle de ces habitats et réduire tant le nombre que la diversité des plantes et des animaux indigènes. Chaque plante produit des milliers de graines qui peuvent se propager en adhérant aux VTT, aux chevaux, aux vélos, aux chaussures de randonnée et au matériel de camping.

Où elle se trouve: Yukon, Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse.

Moutarde à l’ail: Cette plante bisannuelle se répand à une vitesse fulgurante à travers le Canada, dans ses forêts et terres boisées. Elle peut pousser densément et ainsi exclure les plantes indigènes, en plus de nuire à la régénération des forêts. Les petites graines de moutarde à l’ail peuvent adhérer aux bottes et aux vêtements.

Où elle se trouve: Colombie-Britannique, Alberta, Ontario, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve et Labrador

Myriophylle en épi: Connue sous le nom de «plante zombie», cette plante aquatique pousse rapidement au printemps, formant une masse épaisse de tiges enchevêtrées sous l’eau. Ces tiges se coincent ensuite dans les hélices et les gouvernails des bateaux, en plus de nuire aux plantes aquatiques indigènes et à l’habitat des poissons. Elle se répand surtout lorsque les bateaux sont remorqués entre divers lacs.

Où elle se trouve: Colombie-Britannique, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard

Gobie à taches noires: Ce petit poisson de fond a été découvert dans les Grands Lacs en 1990. Il affaiblit les populations indigènes en mangeant les œufs et les jeunes de poissons tels que la truite de lac et l’achigan à petite bouche. Cette espèce envahissante peut se répandre lorsqu’elle est utilisée comme appât ou lorsqu’elle est libérée en amont de barrages et de cascades.

Où elle se trouve: bassin des Grands Lacs

Moules zébrées et quagga: Ces petites moules d’eau douce peuvent complètement recouvrir le fond des lacs, affectant ainsi les poissons, les moules indigènes et la qualité de l’eau. Elles se propagent en s’attachant à des coques de bateaux, à des remorques et à des moteurs déplacés de lac en lac.

Où elles se trouvent: Ontario, Manitoba et Québec

Agrile du frêne: Ce coléoptère a déjà décimé des dizaines de millions d’arbres et continue de se propager rapidement. Il peut rapidement tuer de vastes zones de frênes, affectant les forêts, les zones le long des cours d’eau et des rivières, de même que les forêts urbaines. Il s’est répandu dans certaines régions à travers le déplacement de bois de chauffage provenant de frênes infectés.

Où il se trouve: Manitoba, Ontario, Québec et Nouveau-Brunswick

Cladocère épineux: Ce petit crustacé d’eau douce se nourrit de zooplanctons dans les lacs. Il peut chambouler la chaîne alimentaire et affecter les populations de poissons indigènes. Des cladocères épineux réunis en grand nombre forment ensemble une masse semblable à de la gelée et qui obstrue les engins de pêche et autres équipements. Cette espèce envahissante se propage par l’eau transportée dans des bateaux ou des seaux à appâts.

Où il se trouve: Ontario et Manitoba

Vers de terre européenset asiatiques: Beaucoup de gens seront étonnés d’apprendre que la plupart des vers de terre qu’ils croisent sur leur chemin sont envahissants, même ceux souvent trouvés dans les jardins et utilisés en appâts. Les vers de terre envahissants endommagent les forêts, car ils altèrent la chimie et la structure du sol. Les pêcheurs à la ligne qui déversent leurs restes d’appâts sur la terre ou dans l’eau contribuent à leur propagation. Les vers de terre et leurs cocons se répandent aussi en se glissant dans les bandes de roulement de pneus.

Où ils se trouvent: dans la majeure partie du sud du Canada

Maladie du tournis: Ce parasite infectieux touche le saumon et la truite. Découverte pour la première fois au pays en 2016, en Alberta, cette maladie envahit le cartilage du poisson et altère son système nerveux, ce qui le fait nager en rond. Elle peut être disséminée par le déplacement des poissons, des appâts ou des bateaux entre les lacs et les rivières.

Où il se trouve: Alberta

Chats domestiques: Les chats domestiques peuvent avoir un impact significatif sur les populations d’oiseaux migrateurs, de reptiles et de petits mammifères. Ces félins sont considérés comme l’une des 100 espèces les plus envahissantes au monde. Les chats qui accompagnent leurs maîtres dans des chalets et des campings peuvent tuer la faune des alentours s’ils ne sont pas gardés à l’intérieur ou en laisse.

Où ils se trouvent: partout au Canada

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!