Gonzalo Fuentes/Associated Press Le premier ministre Philippe Couillard.

Le premier ministre Philippe Couillard étudierait la possibilité de devancer les élections générales au Québec, selon les informations de Radio-Canada. Des sources à l’interne au Parti libéral du Québec (PLQ) ont confirmé que l’idée circule en ce moment à l’Assemblée nationale, et que la campagne pourrait commencer dès le 23 août.

Même si l’équipe libérale en vient à confirmer ses intentions, le jour du vote, prévu pour le 1er octobre prochain, ne changera pas pour autant. C’est plutôt le déclenchement même de la période pré-électorale qui serait devancée de quelques jours. On confirme à l’interne qu’aucune date précise n’a été choisie pour l’instant, mais que la machine pourrait être lancée dès le 23 août, ou encore pendant le week-end du 25 et du 26 août prochain.

«On ne change pas la date de l’élection, ça reste le 1er octobre, a soutenu le premier ministre Couillard mardi matin, lors de la rentrée au travail des députés et ministres à Québec. C’est un engagement que je prends aujourd’hui, c’est le premier engagement, et il va être tenu. C’est bon signe.»

Questionné à savoir s’il serait prêt dès aujourd’hui pour les élections, le premier ministre s’est fait relativement prudent devant les caméras et les micros. «On est très sereins et très confiants également, on ne prend rien pour acquis et on va travailler très fort dans toutes les régions du Québec», a-t-il tranché.

Ce que dit la loi
Rappelons qu’au Québec, la loi électorale prévoit actuellement qu’une campagne électorale doit s’étaler sur une durée minimale de 33 jours et un maximum de 39 jours.

Les partis de l’opposition estimaient pour la plupart que Philippe Couillard irait pour le plus court, ce qui amènerait le début de la campagne au 29 août plus précisément.

«On est prêts», a déclaré une source au PLQ à Radio-Canada, après qu’une question ait été posée sur l’état actuel de la machine électorale au parti. Sur la «twittosphère», plusieurs internautes affirment déjà que la stratégie libérale consisterait en fait d’espérer une chute de François Legault, qui se trouve à devoir expliquer son programme politique plus longtemps aux Québécois.

Selon les derniers sondages, la Coalition avenir Québec (CAQ) trône au sommet avec près de 40% des intentions de vote. Cela dit, depuis le début de la saison estivale, la campagne électorale est toutefois déjà bien lancée sur le terrain pour plusieurs partis.

Tous les autres partis réagissent
Tôt, mardi matin, un peu avant 9h, le chef de la CAQ, François Legault, a réagi à la nouvelle via son compte Twitter personnel. L’ancien propriétaire d’Air Transat s’est réjoui de la nouvelle, affirmant que c’est «tant mieux» si la campagne électorale est déclenchée de manière imminente.

«Des élections déclenchées plus tôt? Tant mieux! J’ai hâte de faire campagne avec ma formidable équipe, présenter nos idées aux Québécois et tourner la page sur 15 ans de gouvernement libéral», a-t-il lancé, dans un gazouillis qui fait déjà beaucoup réagir sur la toile. «Quand vous voulez, M. Couillard», a-t-il ensuite ajouté, s’adressant directement au premier ministre.

Le chef caquiste sera en point de presse dans la région de Jonquière mardi après-midi pour annoncer la candidature de l’enseignant jonquiérois du Cégep de Chicoutimi, Benoit Rochefort. François Legault devrait du même coup réagir de manière plus précise à la nouvelle, dit-on à l’interne. «Pour l’instant, effectivement, c’est la seule réaction», a confié une porte-parole du parti, Émilie Toussain.

Rejoint par Métro, le chef du Nouveau Parti démocratique du Québec (NPDQ), Raphaël Fortin, s’est dit prêt à faire campagne dès maintenant avec sa vingtaine de candidats sur la ligne de départ. «On s’était préparés à ça chez nous, à commencer la campagne dès le 20 ou le 21 août même, donc pour nous, ça ne change absolument rien», a-t-il admis au bout du fil.

Celui qui s’est déjà présenté deux fois comme candidat pour le NPD aux élections fédérales estime que le premier ministre Couillard ira probablement de l’avant avec cette idée. «Je ne serais pas surpris qu’il la fasse cette stratégie, mais au fond, on est prêt pour une campagne de 39 jours. Ça nous donne plus de temps pour parler de nos projets, de nos idées.»

Via les réseaux sociaux, le chef du Parti Québécois (PQ), Jean-François Lisée, s’est lui aussi dit prêt à réagir dans les circonstances. «Des jours de campagne électorale de plus? Ça nous laissera plus de temps pour présenter nos solutions crédibles! Mon équipe et moi sommes prêts, nos militants sont mobilisés, notre organisation est rodée», a-t-il martelé.

«Nous avons hâte de mettre fin aux années sombres du PLQ le 1er octobre», a-t-il renchéri.

Même son de cloche pour la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, qui a dit mardi bien comprendre la stratégie libérale. «Comme les citoyens, on voit clair dans la manœuvre du PLQ, a-t-elle expliqué. Ça ne changera rien, la population est prête pour un parti différent.» «QS est prêt à faire campagne, nos troupes se préparent depuis des mois», a-t-elle indiqué à ce sujet.

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