Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Les funérailles nationales du pilier de la Révolution tranquille, Paul Gérin-Lajoie, ont connu leur point culminant, jeudi, avec la touchante interprétation de la chanson «Apprendre», par le grand Yves Duteil, qui était venu de la France pour l’occasion.

«Apprendre» décrit l’importance de lire, écrire, compter, comprendre, mémoriser — le message qui résume le mieux la mission que s’était donnée l’ex-ministre Paul Gérin-Lajoie.

M. Duteil a d’ailleurs confié que c’est M. Gérin-Lajoie lui-même qui lui avait demandé d’écrire cette chanson, lors d’un entretien avec lui, jadis, qui devait durer 30 minutes et qui avait duré plus de trois heures.

Après l’interprétation de M. Duteil, à en donner la chair de poule, spontanément la foule s’est levée pour applaudir.

«Un esprit lumineux», un «grand homme», fondamentalement «bienveillant», curieux intellectuellement, désireux de donner une chance à tous, épris d’égalité, «un grand humaniste»… tous ceux qui ont pris la parole à la basilique cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, ont souligné la grandeur d’âme de l’homme, décédé à l’âge de 98 ans.

Des personnalités de tous les horizons y étaient: le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, celui du Québec, Philippe Couillard, la gouverneure générale Julie Payette, de nombreux ministres, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, l’écrivain Dany Laferrière et un ancien ministre de l’Éducation, de l’Alphabétisation de la République du Sénégal, Mamadou Ndoye.

Ses enfants et petits-enfants y étaient, ses proches, ceux qui l’ont côtoyé à l’Éducation, en politique, à sa fondation, à la fameuse Dictée PGL, à l’ACDI (Agence pour la coopération et le développement international).

«Les 26 lettres de l’alphabet sont pleines de joie» et éclairent ce grand homme «vers l’immortalité», a lancé l’écrivain Dany Laferrière.

«Paul Gérin-Lajoie, tu peux reposer en paix. En tant que citoyen mondial, tu as rempli pleinement ton devoir», lui a lancé l’ex-ministre sénégalais, Mamadou Ndoye, membre honoraire du conseil d’administration de la Fondation Paul Gérin-Lajoie. Grâce à son travail, «des démunis ont accès à la dignité humaine», a-t-il ajouté.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a rappelé qu’il a fait la promotion de l’éducation pour tous à une époque où la moitié des Québécois adultes n’avaient pas une 6e année d’instruction.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a salué «sa vision d’un Québec, éduqué où les gens avaient un rayonnement partout dans le monde». Il a noté qu’ «en tant qu’enseignant, en tant que Québécois encore jeune, je sais qu’il a profondément marqué mon histoire et celle de nous tous au Québec».

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a reconnu en M. Gérin-Lajoie «le grand bâtisseur de la modernité québécoise» grâce à sa défense de l’éducation comme moyen d’émancipation.

«Il ne faut pas oublier non plus son rôle en relations internationales, en développement international. C’est un grand homme de plusieurs façons et pour longtemps», a ajouté M. Couillard.

Les prestations musicales et de chant ont été à la hauteur de l’homme, avec la chorale de Gregory Charles, qui a joué du piano, et l’Ave Maria chanté par Johanne Blouin, notamment.

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