Mario Beauregard | Métro

MONTRÉAL — La nouvelle convention collective des ambulanciers de Dessercom, signée et annoncée jeudi par les deux parties, est contestée devant le tribunal. Et c’est une tierce partie, une association patronale, qui conteste le droit des parties d’avoir signé ce contrat de travail.

En fait, ce sont deux conventions collectives, mais avec le même contenu, qui ont été signées entre la Fédération des employés du préhospitalier, qui est un regroupement indépendant de syndicats, et les deux employeurs Dessercom et Ambulances Côte-de-Beaupré.

Quelque 230 ambulanciers paramédicaux sont concernés dans les villes de Louiseville, Rawdon et la région de Québec-Lévis, pour ce qui est de Dessercom, puis la région de la Côte-de-Beaupré pour l’autre entreprise ambulancière.

Or, la Corporation des services d’ambulance du Québec, qui compte une quarantaine de membres, affirme que c’est elle qui est l’agent négociateur pour les conventions collectives et que ses membres, Dessercom et Ambulances Côte-de-Beaupré, n’avaient pas le droit de conclure un nouveau contrat de travail avec la fédération syndicale.

La Corporation a donc déposé devant le Tribunal administratif du travail une requête pour entrave contre le syndicat, lui reprochant de s’être ingéré dans les affaires patronales, et d’avoir négocié de mauvaise foi.

La cause a été entendue lundi et la juge a pris l’affaire en délibéré. Sauf que Dessercom et la Fédération ont confirmé leur entente jeudi, avant que la décision de la juge soit connue.

«Il faut comprendre que si la juge nous donne raison, théoriquement tout ce qu’ils ont fait est illégal. Donc, ils signent une convention qui est illégale. S’ils ont fait voter leurs membres sur quelque chose qui n’était pas légal, la convention qu’ils ont signée hier (jeudi) ne peut pas être légale», a argué Jocelyn Beaulieu, conseiller en relations de travail à la Corporation des services d’ambulance du Québec, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne.

Pour ce qui est de ses membres Dessercom et Ambulances Côte-de-Beaupré, «c’est un autre débat, qui va se faire à l’interne», a noté M. Beaulieu.

Le syndicat et Dessercom se défendent

Jointe au téléphone, la Fédération des employés du préhospitalier s’est défendue d’avoir fait quoi que ce soit d’illégal. «Dessercom est membre de la Corporation, mais sous adhésion volontaire et libre. Et ils ont retiré le mandat de négocier à la Corporation. Donc, l’employeur étant l’entité accréditée sur le certificat d’accréditation avec nous, on était en droit de négocier avec eux directement», a soutenu Daniel Chouinard, président de la fédération syndicale.

«On croit qu’on est légal dans notre affaire. Avec les recommandations qu’on a de nos avocats, de nos juristes, on est correct dans nos affaires», a affirmé M. Chouinard, avant d’ajouter: «c’est le tribunal qui décidera».

Quant à Dessercom, son coordonnateur aux communications, Francis Brisebois, a soutenu que cette négociation «n’est pas illégale» aux yeux de l’entreprise.

Dessercom «se réjouit» de l’entente qui est intervenue avec la fédération syndicale et croit que «le conflit est derrière nous» et qu’il faut maintenant se tourner vers l’avenir.

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