Sean Kilpatrick/La Presse canadienne

FREDERICTON — Les membres de la famille de trois agents de la GRC tués lors d’une fusillade à Moncton en 2014 affirment que les décès par balles survenus à Fredericton, vendredi, vont provoquer une nouvelle vague de traumatismes au Nouveau-Brunswick — et réveiller des souvenirs douloureux chez plusieurs personnes.

La fusillade qui a fait quatre victimes vendredi — dont deux policiers municipaux — survient quatre ans seulement après la tuerie perpétrée par Justin Bourque qui a abattu les agents Doug Larche, Fabrice Gevaudan et Dave Ross.

Daniel Larche, le frère de Doug, a reconnu que la nouvelle des décès de Fredericton est difficile à entendre.

«Je peux comprendre ce que ces gens vont vivre et, espérons qu’ils auront le soutien et les ressources dont ils auront besoin pour passer au travers», a commenté l’homme de 46 ans.

«Ça va être dur. Ça va être très difficile pour eux», témoigne M. Larche.

Les agents Eric Dubois et Darlene Goguen ont également été blessés par les tirs de Justin Bourque dans un quartier de Moncton le 4 juin 2014. Le tireur avait pris pour cible la police dans l’espoir de déclencher une rébellion antigouvernementale.

Angela Gevaudan, la veuve de Fabrice Gevaudan, a confié lors d’un entretien téléphonique qu’elle avait un sentiment très protecteur envers les familles des victimes de Fredericton, sachant qu’elles seraient submergées par les émotions au moment d’apprendre la terrible nouvelle.

Elles vont devoir recevoir seulement des informations simples pour un certain temps, alors qu’elles vont lutter contre le choc de la mort de leur proche, prévient-elle.

«Cela va prendre beaucoup de temps à accepter, et les images, les moments, les souvenirs et tout ce qui leur viendra en tête seront difficiles pour les personnes impliquées», a-t-elle déclaré en entrevue.

Depuis la perte de son mari, Mme Gevaudan a fait du bénévolat en tant qu’ambassadrice de Tema, un organisme qui aide et défend les premiers intervenants souffrant du syndrome de stress post-traumatique.

Elle a également offert son soutien et partagé son histoire avec d’autres personnes souffrant de traumatismes.

Angela Gevaudan ne souhaite pas vraiment s’étendre sur ses propres réactions aux événements de vendredi, disant ne pas vouloir relier les décès de Fredericton à ses propres souvenirs douloureux.

Toutefois, l’ex-opératrice du service d’urgence 911 insiste sur le fait qu’il est important pour les premiers répondants d’exprimer leurs émotions plutôt que de les refouler s’ils se sentent tristes ou en colère.

Daniel Larche confie que les souvenirs difficiles de la mort de son frère demeurent très puissants quatre ans après les meurtres de Moncton, et apprendre que d’autres personnes en uniforme ont été tuées rouvre cette blessure.

«Il y a un attachement particulier, je suppose, ou une connexion avec les premiers répondants, étant donné mon attachement à mon frère», estime-t-il.

«Ces gens vont au front et s’efforcent de faire de leur mieux pour protéger les gens… Il y a beaucoup de choses dont ce pays dispose grâce à ces gens qui étaient prêts à risquer leur vie pour quelque chose de mieux», affirme M. Larche.

«C’est difficile pour le Nouveau-Brunswick», poursuit-il.

Pendant ce temps, partout au Canada, des dirigeants de services de police ont fait parvenir des messages de soutien et de condoléances.

Ainsi, le Service de police de la ville de Montréal a transmis, par Twitter, «ses plus sincères condoléances à la famille, aux collègues et amis des deux policiers décédés en devoir aujourd’hui à Fredericton. Toutes nos pensées sont avec @CityFredPolice durant ces moments difficiles.»

Le Service de police de Québec s’est dit «consterné par la fusillade de ce matin qui a eu lieu à Fredericton au NB où 4 personnes ont été tuées, dont deux policiers» et offrait lui aussi ses «plus sincères condoléances aux amis, aux familles et aux collègues des victimes».

L’état d’esprit était le même à la Sûreté du Québec. «Nous sommes en cœurs et en pensées avec nos collègues de @CityFredPolice, ainsi qu’avec tous ceux affectés par les événements de ce matin», avait fait état le corps policier sur son compte Twitter.

Selon Angela Gevaudan, ces messages d’appuis seront éventuellement appréciés par les familles, mais pour le moment elles ont d’abord besoin de temps et d’espace.

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