Darren Calabrese/La Presse canadienne Justin Trudeau

FREDERICTON — Le premier ministre fédéral Justin Trudeau a rencontré dimanche les familles des deux policiers de Fredericton morts en devoir la semaine dernière. Il a confié aux enfants un secret personnel: vivre un deuil est plus facile lorsqu’on a tout un pays derrière soi pour se réconforter.

Accompagné de son fils Hadrien, M. Trudeau s’est ensuite rendu au quartier général de la Force policière de Fredericton pour y déposer des fleurs au mémorial dédié aux agents Robb Costello et Sara Burns ainsi qu’aux deux autres victimes civiles de la fusillade de vendredi, Donnie Robichaud et Bobbie Lee Wright.

Le premier ministre avait déjà prévu de se rendre dans la capitale du Nouveau-Brunswick pour participer au défilé de la Fierté, mais le programme de la journée a été modifié à cause de la tragédie.

Il a semblé faire allusion au fort soutien populaire que sa famille et lui avaient reçu à la suite de la mort de son père, l’ancien premier ministre fédéral Pierre Elliott Trudeau, en 2000.

«J’ai parlé à leurs enfants pour leur souligner quelque chose que j’ai vécu: quand on a un pays entier derrière soi pour nous aider à traverser un deuil, c’est un peu plus facile d’y parvenir. Pas beaucoup plus facile, mais un peu plus facile quand même», a-t-il déclaré aux journalistes présents.

Le défilé, beaucoup moins festif que les précédents, a quand même eu lieu. «C’est notre façon d’établir de nouveau notre foi en la collectivité et de pouvoir célébrer, a dit le maire de la ville, Mike O’Brien. C’est un moyen de célébrer même pendant notre période de deuil.»

L’événement s’est amorcé par une minute de silence. Les organisateurs avaient indiqué sur Facebook qu’ils marcheraient «en reconnaissance de notre chef de la police Leanne Fitch, des premiers intervenants, et de tous les officiers qui risquent leur vie quotidiennement pour nous protéger».

Des funérailles régimentaires sont prévues pour célébrer la vie des deux policiers tombés, Sara Burns et Robb Costello, et leur rendre hommage, a indiqué par communiqué l’agente d’information Alycia Bartlett, dimanche après-midi. Les obsèques auront lieu le samedi 18 août à 13 h (heure locale) au centre universitaire Aitken.

La porte-parole a aussi mentionné qu’un livre de condoléances sera mis à la disposition du public à partir de lundi à l’hôtel de ville de Fredericton.

Il y a eu un grand nombre de gestes de solidarité dans la petite ville. Les résidants se sont arrêtés au quartier général de la force de police de Fredericton pour y déposer des fleurs, des notes et des oursons en peluche pour les agents décédés.

«Nous vous sommes reconnaissants de l’appui que vous nous avez démontré en laissant des fleurs et des cartes devant le poste de police. En tant que Frederictoniennes et Frederictoniens, nous souffrons de la mort de quatre des nôtres, mais nous sommes également touchés par le soutien manifesté envers nos policiers tombés en service, les deux autres personnes tuées et leurs familles et amis», a affirmé la chef de police de Fredericton, Leanne Fitch.

Le maire O’Brien a affirmé que la Ville allait tendre la main aux habitants du quartier de Brookside Drive, où la violence mortelle s’est produite.

«Ils ont été traumatisés tout comme le reste de la ville, a-t-il déclaré. La police et la Ville les contacteront dans un avenir proche avec des informations sur la manière dont nous pouvons nous rassembler en tant que communauté.»

Une équipe de bénévoles de la Croix-Rouge canadienne a aidé à organiser un hébergement d’urgence pour 46 personnes déplacées par l’enquête. Au moins huit autres personnes séjournent en famille ou entre amis.

Matthew Vincent Raymond, 48 ans, a été accusé de quatre chefs de meurtre au premier degré et devrait comparaître devant le tribunal le 27 août.

La police n’a pas précisé si le suspect et les victimes se connaissaient et n’a pas fait d’hypothèse sur le motif du tireur.

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