OTTAWA — Le gouvernement Trudeau doit enchâsser le droit au logement dans un projet de loi qu’il compte déposer cet automne, ont exigé mardi plus de 170 organismes et personnalités dans une lettre ouverte publiée en ligne.

La lettre rédigée, entre autres, par Amnistie internationale demande à Ottawa de joindre le geste à la parole et de reconnaître le droit au logement comme «un droit fondamental de la personne» et d’inclure des mécanismes pour garantir son application.

«Sur la scène internationale, (le gouvernement) prend cette position-là; sur la scène locale, (il) ne la met pas toujours en vigueur», a signalé le directeur général du Réseau québécois des OSBL d’habitation, Stéphan Corriveau, qui représente 1200 fournisseurs de logements sociaux communautaires au Québec.

Il a cité en exemple l’adhésion du Canada depuis 1976 au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies.

«Il y a peu d’efforts qui ont été faits pendant les 25 dernières années pour les gens qui sont dans une situation de vulnérabilité plus importante, a soutenu M. Corriveau. S’il y avait une reconnaissance du droit au logement comme un droit humain, le gouvernement fédéral aurait (…) l’obligation d’agir pour s’assurer que tous les citoyens ont le droit à un logement.»

Cela se traduirait, selon lui, par un financement accru pour des logements abordables et pour régler le problème des appartements insalubres, comme celui que connaît Montréal.

Le premier ministre Justin Trudeau avait présenté en novembre la Stratégie nationale sur le logement et promis de déposer un projet de loi axé sur les droits de la personne pour assurer sa pérennité. Son gouvernement a réitéré cet engagement mardi.

«Nous allons protéger et promouvoir les besoins en logement des personnes les plus vulnérables au Canada, réduire de 50% l’itinérance et faire en sorte qu’un plus grand nombre de Canadiens aient un chez-soi», a indiqué une porte-parole du ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) n’a pas tardé mardi à souligner que les libéraux, l’automne dernier, avaient voté contre le projet de loi néo-démocrate C-325 pour reconnaître le droit au logement.

La Stratégie nationale sur le logement du gouvernement Trudeau prévoit des investissements de 40 milliards $ en dix ans, un montant qui comprend — outre les sommes du gouvernement fédéral — le financement anticipé que les provinces et les territoires pourraient y accorder.

Le gouvernement du Québec avait déjà indiqué qu’il ne souscrirait pas à cette stratégie et qu’il préférait la négociation d’une entente bilatérale qui lui permettrait d’utiliser le financement fédéral pour la rénovation de ses habitations communautaires.

Plus de 235 000 personnes se retrouvent sans-abris chaque année à la grandeur du pays, selon l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance. Il y aurait également plus de 1,7 million de ménages vivant dans des logements inadéquats, non sécuritaires ou carrément inabordables au pays.

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