Andrew Vaughan/La Presse canadienne

FREDERICTON — Les résidants du complexe d’habitation de Fredericton qui a été le théâtre de la fusillade meurtrière survenue vendredi dernier sont maintenant autorisés à rentrer chez eux, mais plusieurs locataires envisagent déjà de déménager.

Quatre personnes ont été abattues dans le stationnement de ce complexe de quatre immeubles de logements du chemin Brookside Drive, dans le nord de la ville.

Les citoyens Bobbie Lee Wright et Donnie Robichaud ont été tués au cours de la fusillade, de même que les agents Robb Costello et Sara Burns, du Service de police de Fredericton.

Joseph Cartwright était au travail ce matin-là lorsqu’il a reçu un appel de sa conjointe. Elle lui a raconté qu’il y avait des coups de feu et qu’elle était effrayée tout comme le fils de M. Cartwright, âgé de quatre ans.

«Je suis tout de suite parti du travail. Je ne pouvais pas approcher plus près que le Tim Hortons. J’entendais les coups de feu et je voyais l’immeuble, mais je ne pouvais pas m’y rendre. Pour un parent, c’est probablement le pire sentiment au monde de savoir qu’il y a quelqu’un qui tire là où se trouve votre fils de quatre ans», a confié mardi le jeune père de 30 ans.

Sa conjointe et son fils ne se trouvaient pas dans le même bâtiment que le tireur, mais ils n’étaient qu’à quelques mètres. La police a heureusement été en mesure de les évacuer pour les mettre en sécurité.

Le locataire rapporte que les policiers ont défoncé plusieurs portes de logements afin d’y entrer, mais le personnel d’entretien aurait déjà procédé aux réparations.

D’autres édifices portent encore les marques de la violente tragédie. Dans l’appartement du troisième étage où se trouvait le tireur, une vitre est fracassée et une autre arbore des trous de projectiles.

Un autre appartement situé au troisième étage, mais dans le bâtiment situé de l’autre côté d’une petite cour, a lui aussi eu les vitres trouées de balles. Un trou de projectile est aussi visible dans l’un des murs.

Un traumatisme impossible à oublier
À la suite du drame, Joseph Cartwright a pris la décision de déménager.

«Je ne peux pas laisser mon enfant et ma conjointe revivre un traumatisme chaque fois qu’ils rentrent à la maison. Je dois protéger ma famille. Ce qui signifie sortir d’ici pour les mettre en sécurité», affirme-t-il.

Calvin Cole et sa copine se trouvaient dans un appartement au sous-sol du même immeuble que le tireur. Le couple s’est caché jusqu’à ce que les policiers viennent les chercher. Un moment que le jeune homme n’oubliera jamais.

«Ça va nous rester en tête un bon moment. Ça m’inquiète beaucoup pour mon quartier», a dit le jeune homme, qui occupe un logement subventionné et qui entend partir dès qu’on lui trouvera un autre endroit.

Une autre locataire, qui préfère conserver l’anonymat, se trouvait dans un appartement au sous-sol d’un immeuble voisin. Elle est demeurée longtemps au sol.

«Le moment le plus terrifiant, c’était quand les tirs ont cessé. On ne savait pas quand ils allaient recommencer ni d’où ils allaient provenir», a-t-elle témoigné.

Lundi soir, des milliers de personnes ont exprimé leur tristesse et leur douleur en se tenant par la main pour démontrer leur soutien à leur ville.

Jessica Millier a expliqué avoir organisé «Hands and Hearts Across the City» afin de rassembler les gens.

«Ma ville est blessée et les citoyens sont en deuil, a commenté le maire de Fredericton, Mike O’Brien. On vit un chagrin collectif, un deuil collectif, et on va en guérir collectivement.»

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