Andrew Vaughan Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

HALIFAX — Un homme d’Halifax reconnu coupable d’avoir étranglé une policière qui n’était pas en service et d’avoir disposé de son corps dans un composteur passera au moins 13 ans et demi en prison, a déclaré mardi un juge de la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse, qui a détaillé comment Christopher Garnier avait disposé du cadavre de Catherine Campbell «comme un déchet».

Christopher Garnier a été reconnu coupable en décembre de meurtre au deuxième degré et d’indignité envers un cadavre humain après la mort de Catherine Campbell, âgée de 36 ans, en septembre 2015.

La condamnation entraîne automatiquement une peine de prison à vie, mais le juge Joshua Arnold a décidé mardi que Christopher Garnier pourrait demander une libération conditionnelle après 13 ans et demi — moins les 699 jours qu’il a déjà purgés.

L’homme âgé de 30 ans n’a montré aucune émotion à la lecture de la décision. En étant escorté hors de la salle d’audience, il a regardé vers sa famille et a hoché de la tête.

Il avait rencontré Mme Campbell pour la première fois dans un bar du centre-ville d’Halifax et quelques heures plus tard, elle était morte dans un appartement du nord de la ville.

Le juge Arnold a souligné que la vidéo de surveillance démontrait que la policière espérait vivre une soirée romantique et recevoir de l’affection le soir de son assassinat.

«Elle était vulnérable», a-t-il soutenu.

«Pour des raisons inconnues, M. Garnier l’a frappée au visage, lui a cassé le nez, l’a étranglée à mort, puis, pour tenter de cacher son crime, l’a traitée comme un déchet.»

Un meurtre «intentionnel»
Le juge Arnold a fait remarquer que le docteur Matthew Bowes, médecin légiste en chef de la Nouvelle-Écosse, avait dit au jury qu’il fallait entre deux et six minutes pour causer la mort par étranglement.

«Par conséquent, la mort de Mme Campbell ne s’apparentait pas à un seul coup de poing qui entraînait la mort, une pression rapide sur une gâchette ou même un coup de couteau rapide», a-t-il indiqué.

«M. Garnier a intentionnellement enlevé la vie de Mme Campbell en quelques minutes, et un tel geste n’était pas simplement un écart de maîtrise de soi d’une fraction de seconde.»

Le juge Arnold a ajouté que même si Christopher Garnier n’avait aucun antécédent criminel, qu’il avait mené un style de vie prosocial et qu’il avait des références de caractère positives, ces facteurs ne l’emportaient pas sur les facteurs aggravants de l’affaire.

Au cours de son procès, Christopher Garnier a déclaré à plusieurs reprises au jury qu’il ne se rappelait pas avoir utilisé un grand bac à compost vert pour se débarrasser du corps près d’un pont, où il est resté pendant près de cinq jours. Il avait également plaidé que Mme Campbell était morte accidentellement lors de rapports sexuels violents qu’elle-même avait initiés.

Mais le juge Arnold a souligné que le jury «avait clairement rejeté» son témoignage.

Il a condamné Christopher Garnier à quatre ans de prison pour indignité envers un cadavre humain, à purger simultanément à sa peine de prison à vie.

La Couronne respecte la décision
La Couronne avait réclamé lundi que Christopher Garnier purge 16 ans de prison avant de pouvoir demander une libération conditionnelle, tandis que la défense avait soutenu que l’individu devrait être admissible à la libération conditionnelle après 10 ans.

La procureure de la Couronne, Christine Driscoll, a dit respecter la décision du juge et a rappelé que Christopher Garnier purgeait une peine d’emprisonnement à perpétuité, peu importe le moment où il pourra demander une libération conditionnelle.

«Il est surveillé pour le reste de ses jours», a déclaré Me Driscoll à l’extérieur de la salle d’audience.

«Cela ne veut pas dire qu’il sort nécessairement à 13 ans et demi. Certaines personnes qui commettent des homicides ne sont jamais libérées et d’autres le sont. Cela dépend de la façon dont il utilise son temps en détention.»

L’avocat de la défense, Joel Pink, a affirmé que son client «attendait cela depuis quelque temps».

«Il savait qu’il avait été condamné à la prison à vie, a soutenu M. Pink. Il savait qu’il allait être crédité pour chaque jour passé en prison, alors il était confronté au résultat final.»

Christopher Garnier fait appel de sa condamnation en partie parce qu’il prétend que les tactiques d’interrogatoire de la police ont donné lieu à de faux aveux.

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