Tirée de Facebook Des bénévoles de l'opération Vire au vert en action.

L’opération Vire au Vert d’Équiterre, dont le but est de mettre les enjeux environnementaux au cœur des élections provinciales en interpellant les candidats dans leur circonscription, poursuit ses efforts de recrutement auprès du grand public. À près d’une semaine du déclenchement de la campagne, 5000 citoyens ont déjà rejoint l’initiative nationale.

Les personnes impliquées ont pour mission de poser un geste concret afin d’interpeller leurs candidats. Certains montent des kiosques de toutes pièces, d’autres font du porte-à-porte, prennent le téléphone ou demandent à rencontrer directement les candidats de leur circonscription.

Jusqu’ici, le mouvement est parvenu à rencontrer tous les chefs des partis politiques québécois, à l’exception du premier ministre actuel, Philippe Couillard. «Une rencontre avec lui est toutefois planifiée prochainement», explique la coordonnatrice de l’opération Vire au Vert, Marie-Ève Leclerc, en entrevue avec Métro.

Un total de 16 candidats ont également été rencontrés, sur un objectif de 40. Là aussi, les demandes sont en cheminement et devraient aboutir prochainement. «Avec les vacances, on doit avouer que ce fut plus difficile de rencontrer tout le monde, mais on s’en sort très bien jusqu’ici», note la porte-parole là-dessus.

Depuis quelques semaines, les citoyens de partout au Québec peuvent s’impliquer dans l’effort de sensibilisation, en se rendant sur la plateforme numérique de Vire au Vert. «En entrant votre code postal, on vous mettra directement en contact avec vos candidats locaux, auxquels vous pourrez communiquer vos préoccupations environnementales», explique la coordonnatrice.

«C’est du jamais-vu au Québec une campagne participative de telle envergure en environnement, ajoute Mme Leclerc. Il faut préciser qu’on sent un vrai momentum actuellement pour la question environnementale dans la population.»

Aux dires de la chargée de projet, certains phénomènes commencent effectivement à sonner l’alarme dans l’opinion publique, créant un engouement réel et tangible pour la recherche de solutions. «On voit des citoyens qui questionnent notamment les canicules de plus en plus importantes ou le fait qu’on vive à crédit plus tôt chaque année, donc ça interpelle les gens. Ça nous dit qu’il est temps que ça change.»

Équiterre déplore notamment que l’environnement demeure une thématique rapidement évacuée en campagne électorale, malgré un intérêt constant tout au long de l’année.

«C’est l’un des sujets principaux de l’agenda, mais on dirait que pendant les élections, ça s’efface, martèle Mme Leclerc. On préfère parler d’économie, de santé, d’éducation. C’est bien, mais il est temps de parler d’environnement aussi.»

La jeunesse directement concernée

Lundi dernier, la coalition Vire au Vert a publié une vidéo qui fait de plus en plus jaser sur les réseaux sociaux.

On y interpelle directement et sans réserve des enfants de 5 à 12 ans, leur demandant par exemple ce que représente l’environnement pour eux ou encore ce que devrait être les solutions adoptées pour renverser la tendance.

«On voulait montrer que quand on parle d’aménagement du territoire, de changements climatiques ou de transports, ce sont des effets à long terme, tranche Marie-Ève Leclerc. Autrement dit, ce seront nos enfants qui subiront les conséquences de nos décisions. On souhaite rappeler que les prochaines générations seront directement impactées par notre vote et par nos actions actuelles.»

«Les générations passées n’ont pas fait attention»; «Les pesticides sont mauvais pour nous, il ne devrait plus y en avoir dans les produits qu’on achète à l’épicerie» ; «Il faudrait que la déforestation ralentisse et arrête, parce que de toute façon, on recycle». C’est ce genre d’observations «simples, mais parfois trop oubliées» que les enfants rappellent dans ladite courte vidéo.

Vulgariser «l’environnement»

Marie-Ève Leclerc le reconnaît : les enjeux environnementaux sont parfois mal compris par la population, qui n’a pas nécessairement les référents pour en comprendre toutes les définitions scientifiques ou techniques.

«Ce sont des enjeux très complexes, et c’est sûr qu’il y a beaucoup de vulgarisation à faire, dit-elle. C’est pour ça qu’on est là. On essaie de faire comprendre qu’il faut se fier à l’expertise dont on dispose. Ce n’est pas une croyance l’environnement, c’est toute une science qui appuie l’hypothèse.»

La chargée de projets avance que, «selon plusieurs études», pratiquement 70% des engagements pris en campagne électorale sont réalisés éventuellement. «D’où l’importance d’inscrire la préservation de l’environnement dans les plateformes de tous les partis susceptibles de prendre le pouvoir», exprime-t-elle.

Même s’il n’y a «pas de solution magique» quand on parle d’avancées en environnement, plusieurs avenues existent pour réduire nos impacts, ajoute-t-elle. «C’est en se rassemblant qu’on en découvre davantage.»

L’opération Vire au vert est le fruit d’une collaboration entre Équiterre, la Fondation David Suzuki ainsi que plusieurs partenaires locaux comme Nature Québec ou le Fonds mondial pour la nature (WWF Canada).

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