AFP Kofi Annan

MONTRÉAL — Les politiciens canadiens se sont souvenus de l’ex-secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, comme d’un ami du Canada et d’un fervent militant pour la paix dans le monde.

Le premier ministre Justin Trudeau et l’ex-premier ministre Paul Martin étaient parmi ceux qui ont joint leurs voix au concert de réactions internationales pour souligner le décès du diplomate ghanéen.

L’ancien dirigeant des Nations unies et lauréat d’un prix Nobel de la paix s’est éteint en début de journée, samedi, à l’âge de 80 ans, au terme d’une courte maladie, a annoncé la Fondation Kofi Annan.

Paul Martin, dont le mandat de premier ministre canadien coïncidait avec celui de M. Annan à la tête de l’ONU, a décrit son ami comme «l’un des meilleurs».

«Il avait une vision très générale qui englobait tout le monde, et il regardait toujours en avant», a déclaré M. Martin en entrevue téléphonique.

«C’était l’une des rares personnes qui étaient capables de comprendre que ce n’était pas seulement les nations puissantes et riches qui comptaient… que les riches et puissantes nations deviendraient très dépendantes, au final, du fait que les nations plus pauvres aillent bien.»

Selon M. Martin, qui a travaillé avec le défunt à plusieurs occasions, on se souviendra de M. Annan pour son engagement envers les institutions multilatérales dans une époque de mondialisation.

«Il savait fort bien que les Nations unies avaient un rôle important à jouer si la globalisation est pour fonctionner. Il se faisait l’apôtre du fait que si l’intérêt national était pour réussir, il fallait que les besoins internationaux aussi soient atteints», a-t-il expliqué.

Le souvenir le plus cher de M. Martin est une conversation téléphonique qu’il a eue avec son ami, qui lui avait demandé s’il voulait coprésider une organisation sur l’avenir de la Banque africaine de développement.

De son côté, la ministre des Relations internationales du Québec, Christine Saint-Pierre, a elle aussi louangé M. Annan.

«Un monument nous a quittés. L’humanité est en deuil. Reposez en paix KofiAnnan», a-t-elle commenté par Twitter.

Un «ami du Canada»

Le premier ministre Justin Trudeau a offert ses condoléances à travers les médias sociaux, samedi, mentionnant que l’homme de 80 ans avait «consacré sa vie» à faire en sorte de «bâtir un monde plus juste et pacifique».

«Grâce à lui, notre monde est un monde meilleur», a-t-il ajouté.

La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, Michaëlle Jean, a aussi exprimé son respect pour «cet infatigable artisan de la paix».

«De l’ami Kofi Annan, qui a vu le monde basculer dans l’horreur je retiens cet aveu, son dilemme: « Comment l’ONU peut-elle défendre sa raison d’être si elle ne parvient pas à se lever pour la défense des droits humains avant tout? »», a-t-elle écrit sur Twitter.

Paul Martin a souligné que M. Annan était un grand ami du Canada.

«Il aimait beaucoup le Canada. Il nous a visités plusieurs fois et lorsque nous, on visitait les Nations unies, qu’on soit dans le gouvernement ou pas, il était toujours là pour discuter des questions internationales», a-t-il déclaré.

Visites au Canada

Pendant l’une de ses visites au pays en 2004, M. Annan avait vanté le bilinguisme et le multiculturalisme canadiens dans un discours au Parlement.

«Au fil des années, le Canada a été un pilier de soutien pour les Nations unies», a-t-il affirmé.

«En effet, il est difficile d’imaginer les Nations unies sans le Canada et, je peux même dire que c’est devenu difficile d’imaginer le Canada sans les Nations unies.»

Il était venu plus récemment en 2016, lorsqu’il avait participé au forum mondial One Young World.

Lors de cette visite, il avait montré un côté plus givré de sa personnalité en racontant qu’il pensait s’être fait reconnaître par des admirateurs en voyage, avant de réaliser qu’ils l’avaient confondu avec l’acteur Morgan Freeman.

M. Annan avait toutefois abordé des sujets plus sérieux, indiquant aux jeunes qu’ils avaient un rôle à jouer pour contrer la montée de l’extrémisme dans le monde.

«Nous devons avoir le courage de dénoncer et de ne pas permettre à un petit groupe d’intimider toute une nation, ou de détourner toute une religion pour ne pas qu’ils s’en tirent en raison du silence», a-t-il soutenu.

Plusieurs dirigeants ou anciens dirigeants ont rendu hommage à l’ancien secrétaire général, dont l’ex-président américain Barack Obama et la première ministre britannique, Theresa May.

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