Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Les célébrations du Festival Fierté Montréal ont pris fin dimanche par la présentation du grand défilé, et à quelques jours du déclenchement de la campagne électorale au Québec, tout le gratin politique… ou presque était présent pour l’événement.

Le défilé s’est déroulé dimanche après midi, dans le centre-ville de la métropole. Plusieurs milliers de personnes étaient dans les rues de Montréal pour participer ou assister au spectacle.

Les premiers ministres Justin Trudeau et Philippe Couillard étaient présents à l’événement, avec presque tous les autres chefs de partis, à l’exception d’Andrew Scheer, du Parti conservateur du Canada, et de François Legault, de la Coalition avenir Québec (CAQ). Des représentants de leurs partis respectifs ont toutefois participé au défilé.

Interrogé sur l’absence de M. Legault, le premier ministre Couillard n’a pas critiqué ouvertement son adversaire. «Pour moi, c’est important», s’est-il contenté de dire.

«C’est sûr que M. Legault a moins de choses à dire là-dessus, mais je le laisse libre de ses choix. Pour moi, c’était indispensable d’être ici aujourd’hui», a ajouté le chef péquiste Jean-François Lisée.

Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire, a dit n’avoir «aucune opinion» sur le sujet.

«M. Legault fait ses choix. Moi, je pense que le plus grand défilé LGBT du Québec, je trouve que ça vaut la peine de me déplacer», a-t-elle soutenu.

En entrevue en marge d’un événement, vendredi soir, M. Legault avait expliqué qu’il avait prévu des activités pré-électorales en Outaouais et en Abitibi dimanche. Il a assuré qu’il partageait les revendications de la communauté LGBTQ+, précisant que son horaire chargé l’empêchait d’assister à l’événement.

Le député de la CAQ Mario Laframboise, ne croit pas que cela envoie un mauvais message à la communauté.

«Ça prouve que M. Legault a le Québec à coeur, il y a les régions du Québec aussi. L’agenda politique, ce n’est pas facile, là, d’essayer d’avoir les candidatures. Ce n’est pas facile d’essayer de cadrer ça dans l’agenda», a expliqué le député de Blainville.

«Moi je suis très content d’être ici, ça fait cinq ans et je (soutiens) la communauté LGBT.»

Plusieurs invités de marque

En plus des nombreux politiciens, les organisateurs avaient invité l’athlète américain Gus Kenworthy, qui s’est fait connaître pour avoir embrassé son amoureux en direct à la télévision américaine lors des derniers Jeux olympiques. La première mairesse trans du Canada, Julie Lemieux, faisait également partie du groupe de coprésidents d’honneur.

Fierté Montréal a aussi reçu Kennedy Olango, un militant de la cause LGBTQ+ au Kenya, un pays où l’homosexualité est gravement punie. Par sa présence au défilé, M. Olango risque la prison dans son pays.

«Ça, ça démontre qu’on a encore besoin d’une fierté en 2018», a déclaré en conférence de presse le président de Fierté Montréal, Éric Pineault, qui était très ému.

M. Olango s’est adressé aux premiers ministres Trudeau et Couillard pour leur demander «humblement» d’aider sa communauté en intervenant auprès de son gouvernement.

«Aidez-nous, s’il-vous-plaît à réaliser nos rêves. Je sais que ce n’est pas facile», a-t-il déclaré.

Au-delà de la «tolérance»

Pendant son allocution, Justin Trudeau a fait valoir qu’il ne fallait pas seulement «tolérer» les membres de la communauté.

«Peut-on arrêter de parler de tolérance? Pensez-y, a-t-il lancé. Il n’y a pas une religion au monde qui demande aux gens de tolérer leurs voisins. C’est d’aimer vos voisins.»

Pour le premier ministre Couillard, la cause dépasse la communauté LGBTQ+, puisqu’elle touche les droits et libertés de tous.

«Les droits sont des droits sont des droits, qui existent pour tous les humains qui ont choisi ou qui sont nés sur la terre du Québec ou du Canada», a-t-il soutenu.

«On va bientôt embarquer dans des autobus avec des couleurs différentes, mais aujourd’hui, on est tous d’accord sur une chose: tous les Québécois sont égaux.»

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