Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le gouvernement Trudeau élimine un système de loterie impopulaire permettant aux immigrants de faire venir au pays leurs parents et leurs grands-parents et augmente le nombre de demandes de parrainage qu’il acceptera l’an prochain.

Le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen, a annoncé lundi des modifications au programme de parrainage des parents et des grands-parents, qui prévoient le remplacement du processus de sélection aléatoire des demandes de parrainage par un processus fondé sur le principe du premier arrivé, premier servi.

Le gouvernement acceptera également plus de demandes de parrainage de parents et de grands-parents en 2019. Le plafond actuel de 17 000 demandes sera porté à 20 000 l’an prochain.

Le processus de sélection aléatoire a suscité des critiques lorsqu’il a été implanté l’an dernier, de nombreux parrains potentiels ayant estimé qu’il était injuste.

Ottawa répond maintenant aux commentaires reçus par M. Hussen lors d’une «tournée d’écoute» à travers le pays l’an dernier. Le ministre a reconnu que les Canadiens avaient «effectivement exprimé certaines préoccupations concernant la loterie».

À compter de 2019, les immigrants souhaitant parrainer un parent ou un grand-parent pourront en faire la demande en remplissant en ligne un «formulaire d’intérêt». Au lieu de sélectionner au hasard des personnes de cette liste pour le parrainage, comme c’est le cas actuellement, les candidatures seront plutôt honorées en fonction du moment de leur réception, jusqu’à ce que le seuil de 20 000 soit atteint.

«Il s’agit d’un système plus équitable qui bénéficiera à tous ceux qui sont intéressés», a affirmé M. Hussen.

«Bien sûr, une fois que nous aurons reçu les formulaires d’intérêt des parrains et que nous aurons atteint le plafond, nous reviendrons en arrière et regarderons qui est réellement qualifié, car il y a certaines exigences à respecter», a-t-il ajouté.

Le système de demande de parrainage fait l’objet de critiques depuis longtemps. Avant 2017, les demandes étaient classées par ordre de priorité en fonction de l’origine géographique et avaient, dans certains cas, de meilleures chances de réussite si les familles pouvaient se permettre de payer des avocats spécialisés en immigration.

M. Hussen a estimé que le système de loterie actuel est plus équitable que le système qui était en place au moment de l’arrivée des libéraux au gouvernement, mais il estime que le fait d’implanter un système fondé sur le principe du premier arrivé, premier servi améliorera encore ce programme.

Un système critiqué
Arghavan Gerami, une avocate d’Ottawa spécialisée en droit de l’immigration et des réfugiés, a plusieurs clients qui ont satisfait à toutes les exigences de parrainage cette année, mais qui n’ont pas été sélectionnés à la loterie.

Les familles qui cherchent à faire venir leurs parents ou leurs grands-parents au Canada pour les aider à prendre soin de leurs enfants, ou pour des raisons culturelles ou personnelles, ont été frustrées par le caractère aléatoire de l’actuel processus de sélection et souhaitaient un changement, a dit Mme Gerami.

Mais il est important que le gouvernement soit transparent sur la façon dont ce nouveau système sera géré, a-t-elle ajouté.

«Pour moi, ce sera encore très difficile en termes de transparence de montrer qui ont été les premiers 20 000 à postuler», a-t-elle soutenu.

«Les gens vont dire: « Pourquoi ne suis-je pas choisi? Allez-vous publier comment vous avez sélectionné les 20 000 premiers? » Parce que, fondamentalement, cela va se résumer à quelques secondes dans une minute donnée, selon le nombre de candidats qui auront envoyé une manifestation d’intérêt», a souligné Me Gerami.

La décision du gouvernement d’augmenter le nombre de dossiers acceptés dans ce programme résulte d’une demande toujours grandissante. En 2017, un peu plus de 100 000 formulaires d’intérêt à parrainer ont été remplis en ligne, selon les données gouvernementales. Seules 10 000 personnes avaient été invitées à soumettre des demandes, mais le gouvernement a porté ce nombre à 17 000 cette année.

Me Gerami se demande pourquoi il y a un plafond à ce programme, compte tenu du niveau élevé d’intérêt et de la demande des personnes souhaitant parrainer des membres de leur famille vivant à l’étranger.

M. Hussen a indiqué qu’il existe des plafonds pour pratiquement tous les programmes de résidence permanente, lesquels sont déterminés en étroite consultation avec les provinces et les territoires.

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