Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — La question de l’éducation a continué de préoccuper certains partis politiques au cours du quatrième jour de la campagne électorale québécoise.

De passage à Terrebonne, le chef de la CAQ, François Legault, a reparlé d’un de ses thèmes chouchous: les taxes scolaires. De son côté, la porte-parole de Québec solidaire et candidate au poste de première ministre, Manon Massé, était à Sherbrooke pour promettre d’instaurer la gratuité scolaire sur une période de cinq ans.

Même la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) en a profité pour pousser ses propres revendications sur le sujet: elle souhaite que les parties s’engagent à faire du réseau public d’éducation «une véritable priorité nationale». En entrevue avec La Presse canadienne dimanche avant-midi, Sonia Éthier a souligné qu’après le scrutin du 1er octobre prochain, il faudra que cet engagement se traduise par une stabilisation des investissements dans ce système.

La caravane de la CAQ s’est garée devant deux maisons situées à la jonction des régions de Lanaudière et des Laurentides, pour illustrer «l’injustice imposée par les libéraux», qui ont créé un taux de taxe unique dans chaque région administrative.

La CAQ, elle, promet de créer un taux unique pour tout le Québec. Elle s’engage à ramener progressivement, sur une période de quatre ans, le taux de taxation scolaire à 0,10 $ par tranche d’évaluation foncière, soit le plus bas actuellement en vigueur, ce qui se traduirait par une baisse de taxe de 700 millions $. Les caquistes estiment que cette mesure entraînera des réductions de taxe scolaire partout au Québec.

«La maison qui est juste là-bas à ma droite, cette maison paie un taux de taxe scolaire de 0,10 $ du 100 $, a affirmé le chef caquiste en gesticulant en direction de la demeure en question. L’autre maison, qui est juste à côté, paie un taux de taxe scolaire de 0,27 $ du 100 $. Deux fois et demi le taux de la maison qui est voisine! Le propriétaire de la maison qui est la plus à droite a perdu à la loterie libérale, il n’a rien fait de mal dans la vie, mais il a perdu à la loterie libérale.»

Gratuité scolaire

Sans aucune surprise, Québec solidaire porte de nouveau le flambeau de la gratuité scolaire «du CPE jusqu’au doctorat».

Mme Massé a souligné que l’école primaire et secondaire étaient loin d’être gratuites pour les parents, qui doivent payer des frais administratifs, des activités parascolaires et des frais de surveillance, par exemple. En assurant la gratuité scolaire au primaire, une famille de trois enfants économiserait en moyenne 1700 $ par année, selon le parti.

Selon le parti, cette mesure coûterait à l’État 2,45 milliards $.

«Si la vieille classe politique est capable de trouver des milliards de dollars pour construire un troisième lien, pour 6000 chars entre Québec et Lévis, je ne peux pas croire qu’on n’est pas capable de mettre cet argent-là pour soutenir des centaines de milliers de familles québécoises», a déclaré Mme Massé en conférence de presse.

Quand le PLQ s’inspire de QS et de… Charest

Les libéraux ont pigé dans le sac de Québec solidaire pour son plus récent engagement électoral: l’assurance-dentaire.

Ressuscitant aussi une promesse de son ancien chef Jean Charest, lors de la campagne perdante de 2012, Philippe Couillard s’est engagé à élargir la couverture dentaire pour près de 1,2 million de personnes, soit aux enfants de 10 à 16 ans inclusivement, ainsi qu’aux aînés bénéficiaires du supplément de revenu garanti.

De passage à Saguenay, M. Couillard a dit que cette mesure coûterait 150 millions $ additionnels par an au Trésor public. Il a toutefois ajouté que l’enveloppe pourrait augmenter si la popularité de la mesure dépasse les prévisions.

«Clairement, on ne peut pas tout payer, j’aime autant être direct avec tout le monde, je sais que Québec solidaire veut un régime qui couvre tout, mais là, on est à (un coût annuel de) 1 milliard $, soyons réalistes», a-t-il déclaré.

Mea culpa de Lisée

Le Parti québécois s’est abstenu de lancer un engagement électoral. Ses chefs Jean-François Lisée et Véronique Hivon ont officiellement été investis respectivement dans les circonscriptions de Rosemont et de Joliette.

M. Lisée en a profité pour faire un mea culpa, même s’il n’était pas alors le chef de la formation, pour la campagne péquiste de 2014, celle qui a coûté le pouvoir au PQ.

«Ce n’était pas la meilleure campagne de l’histoire du Parti québécois», a-t-il reconnu.

Le chef péquiste a dit un peu à la blague, mais réaliste. «J’ai un petit livre, sur les leçons de la campagne de 2014, a-t-il dit. C’est un petit livre, mais il y a beaucoup de choses dedans».

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