OTTAWA – Les pressions inflationnistes ont continué à s’atténuer au Canada pendant le mois de septembre, ce qui semble annoncer une longue période de faibles taux d’intérêt, ont estimé vendredi des analystes.

L’inflation annuelle est restée à 1,2 pour cent le mois dernier, égalant un creux de deux ans aussi atteint en août et en mai cette année, a indiqué Statistique Canada.

Mais le détail qui a le plus retenu l’attention des analystes réside probablement dans l’inflation de base — qui mesure les pressions sous-jacentes sur les prix en omettant les éléments les plus volatils comme l’essence et les aliments frais —, laquelle a chuté de trois dixièmes de point à 1,3 pour cent, un niveau inférieur aux prévisions de la Banque du Canada pour le trimestre.

Compte tenu de la capacité excédentaire de l’économie et le ralentissement attendu pour le restant de l’année, tant les taux d’intérêt à court terme que ceux à long terme devraient rester très faibles, a estimé l’analyste David Madani, de la firme Capital Economics.

«En fait, ce n’est pas seulement l’inflation de base, ce sont toutes les mesures de l’inflation sous-jacente qui restent très contenues», a-t-il expliqué.

«De toute évidence, dans un tel environnement, la Banque du Canada ne sera pas vraiment pressée de hausser les taux d’intérêt et il y a de bonnes raisons pour l’expliquer: le ralentissement de l’économie mondiale et, maintenant, des signes que le marché intérieur de l’immobilier connaît une correction.»

Si le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, devait agir dans les quelques prochains mois, ce serait davantage pour réduire les taux que pour les hausser, a estimé M. Madani.

L’économiste en chef de la Banque HSBC Canada, David Watt, s’attend pour sa part à ce que M. Carney retire toute allusion à un «resserrement» dans le texte de sa prochaine annonce au sujet du taux directeur, mardi prochain. Cette omission a déjà été remarquée dans un discours prononcé plus tôt cette semaine, en Colombie-Britannique. Ce changement signalerait aux marchés que les taux d’intérêt risquent de rester à leur faible niveau actuel pour une période prolongée.

Le seul pépin avec ce scénario est la révision de données annoncée plus tôt cette semaine par Statistique Canada, qui a permis de découvrir que les ménages canadiens sont encore plus endettés qu’on ne l’avait d’abord cru, dans une proportion de 163 pour cent de leur revenu disponible. Ce niveau est comparable à celui des ménages américains avant l’écroulement du marché de l’habitation en 2007.

En outre, l’économie canadienne montre des signes de ralentissement, tandis que la reprise semble se raffermir aux États-Unis.

Dans l’ensemble, en septembre, les Canadiens ont dû débourser davantage pour faire le plein et acheter de nouveaux vêtements pour l’hiver, mais les prix de plusieurs items ont aussi fortement reculé, notamment ceux de l’intérêt hypothécaire, du gaz naturel, des vêtements pour femmes, de l’équipement vidéo et des billets d’avions.

Le prix de l’essence a augmenté de 4,7 pour cent par rapport à septembre dernier, tandis que les coûts d’électricité ont pris six pour cent pendant la même période. Les prix du gaz naturel ont pour leur part reculé de 14,2 pour cent, les coûts hypothécaires de 2,2 pour cent et ceux de l’équipement vidéo ont diminué de 14,6 pour cent.

Les acheteurs d’automobiles ont eu de bonnes nouvelles puisque la hausse des prix des véhicules a ralenti à 1,8 point de pourcentage.

Il n’y avait toujours aucun signe de l’impact de la sécheresse vécue cet été aux États-Unis et dans certaines parties du Canada sur les prix de la nourriture. Ceux-ci ont progressé en septembre d’un modeste 1,6 pour cent par rapport à l’an dernier.

Sur une base mensuelle, les prix à la consommation ont gagné 0,2 pour cent le mois dernier, les prix de l’essence ayant grimpé de 2,1 pour cent et ceux des vêtements de 6,2 pour cent par rapport au mois d’août.

Les prix des aliments ont en fait reculé de 1,1 pour cent en septembre par rapport au mois précédent, une baisse surtout attribuable au déclin des légumes frais et des fruits.

Au niveau régional, les prix en Ontario et en Colombie-Britannique ont connu les moins fortes hausses en septembre, soit 0,7 pour cent, a indiqué Statistique Canada.

Au Québec, l’inflation s’est établie à 1,9 pour cent, en baisse d’un dixième de point de pourcentage, tandis qu’elle a grimpé à 1,5 pour cent au Nouveau-Brunswick, une croissance d’un demi-point de pourcentage par rapport au mois d’août.

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