Twitter François Legault, Ian Lafrenière et Sonia Lebel de la Coalition avenir Québec (CAQ)

CHAMBLY, Qc — Le candidat-vedette de la Coalition avenir Québec (CAQ), Ian Lafrenière, a dû corriger le tir dimanche, 24 heures après avoir insinué que les corps policiers sont victimes d’ingérence politique.

La pression était forte pour que l’ancien haut gradé et porte-parole du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) s’explique, les autres partis ayant passé la majeure partie de la journée à mettre en doute sa crédibilité.

Samedi, M. Lafrenière a créé la commotion en confiant au réseau TVA que ce qu’il avait le plus détesté de son travail était «l’ingérence politique». Où? Quand? Comment? Sur la scène provinciale? Municipale? Le mystère restait entier.

En point de presse à Montréal, dimanche matin, le candidat libéral Marc Tanguay s’est demandé pourquoi M. Lafrenière n’avait pas dénoncé cette situation plus tôt. Il lui a reproché de «miner la confiance du public en nos institutions».

Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a pour sa part demandé à Ian Lafrenière d’appuyer ses «très graves» allégations de preuves.

«Moi, je veux savoir si c’est vrai qu’au cours des 15 dernières années libérales, il y a eu de l’ingérence politique. Puis je suis prêt à le croire, mais démontrez-le», a-t-il lancé.

Le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a voulu souligner ce qu’il juge comme «l’incohérence» des déclarations du candidat caquiste dans Vachon.

«C’est très ironique, les propos de M. Lafrenière. Il nous dit il y a de l’ingérence politique au sein des corps policiers, et qu’il promet de s’attaquer au problème si la CAQ est élue en réévaluant la nomination de Robert Lafrenière. Dans le fond, il est en train de nous dire qu’il va faire de l’ingérence politique pour régler le problème d’ingérence politique. Ces propos sont imprécis, nébuleux et manquent de cohérence. Ce n’est pas en rajoutant de l’ingérence qu’on va régler le problème», a-il dit.

Attaqué de toutes parts, M. Lafrenière a rencontré les journalistes lors d’un arrêt au Festival de bières et saveurs de Chambly.

Il a dit faire allusion à la Commission d’enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques, qui s’est penchée sur la crise des journalistes espionnés par la police en 2016.

Il n’a été témoin d’aucun autre cas d’ingérence politique dans sa carrière.

«Dans ma tête, ce à quoi je faisais référence, de façon très très claire, c’est Chamberland, a-t-il expliqué. Je l’ai vécu de très très proche, Chamberland. J’ai trouvé ça très très triste de voir qu’on s’en était pris à des journalistes pour savoir à qui ils parlaient.

«On se rappellera qu’il y a des coups de fil qui ont été passés par un maire qui était en poste (Denis Coderre) et même par un ministre aussi (Stéphane Bergeron, du PQ)», a-t-il ajouté.

Tout comme son chef, Ian Lafrenière affirme qu’il est préférable que les patrons de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), de la Sûreté du Québec (SQ) et du SPVM soient nommés par les deux tiers de l’Assemblée nationale pour éviter les nominations partisanes.

Mais le PLQ a vite fait de soulever le caractère selon lui contradictoire du discours de la CAQ, qui s’engage également à réévaluer les postes de ces dirigeants, si elle accède au pouvoir.

M. Tanguay a invité le chef caquiste à rapidement réaffirmer sa confiance dans les corps policiers et leurs dirigeants, dont le grand patron de l’UPAC, Robert Lafrenière.

«M. (Robert) Lafrenière n’a pas été nommé par un vote du deux tiers, a lâché François Legault. Ça ne veut pas dire que ça le disqualifie, ça veut dire qu’il va falloir revoir les façons de faire, s’assurer avec lui qu’il a une indépendance. Son poste sera réévalué comme les autres.»

M. Legault en a profité pour décocher une flèche au premier ministre sortant et chef du PLQ, Philippe Couillard.

«(M.) Couillard s’entête à ne pas vouloir que le directeur de l’UPAC soit nommé par un vote du deux tiers, il veut que ce soit les libéraux qui nomment le directeur de l’UPAC. Est-ce qu’il peut nous expliquer pourquoi il a peur?» a-t-il contre-attaqué.

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