THE CANADIAN PRESS

HALIFAX — Stephen Thompson a dû se munir d’un mouchoir, dimanche après-midi, incapable de retenir ses larmes en assistant au service commémoratif très émouvant pour honorer son père et les 228 autres victimes décédées dans le terrible écrasement d’avion survenu il y a 20 ans.

En plus de M. Thompson, de nombreuses autres personnes ayant perdu des proches dans l’accident ont assisté à la cérémonie. Le soir du 2 septembre 1998, le vol 111 de Swissair reliant New York à Genève s’est écrasé dans les eaux de la Nouvelle-Écosse ne laissant aucun survivant.

Pendant le service au Mémorial de Swissair à Bayswater, le révérend Louis Quennelle, de la paroisse anglicane de Blandford, a mentionné aux quelques dizaines de personnes présentes que malgré le caractère tragique de cet événement, il a tout de même permis de rassembler de nombreuses communautés et de resserrer des liens d’amour et d’amitié.

Le révérend a aussi tenu à rappeler l’importance de se souvenir des premiers répondants qui sont intervenus sur les lieux de la catastrophe.

Des membres des familles des victimes ont déposé des fleurs au pied du grand mémorial de granit, surplombant les eaux où l’avion a violemment terminé son dernier vol, à environ huit kilomètres au large.

La tragédie, qui a débuté par un incendie électrique se propageant dans la cabine de pilotage et provoquant une défaillance catastrophique, a finalement permis d’améliorer les mesures de sécurité à l’intérieur des avions. Certains matériaux inflammables ont notamment cessé d’être utilisés dans les appareils.

Louis Quenelle, qui travaillait comme agent de bord pour Air Canada à Halifax au moment de l’accident, a raconté dans une entrevue précédente que son expérience dans ce domaine avait eu un impact sur sa façon de voir l’accident.

«Tous, en tant que groupe, on s’identifiait beaucoup à l’équipage de Swissair, car on savait très bien, en raison de notre formation, comment ont dû se dérouler les derniers moments de leur vie et ce qu’ils ont dû faire», avait-il confié.

«Émotionnellement, il y avait une connexion.»

À l’époque, M. Quenelle était président de la section syndicale locale et il se souvient qu’il y avait une grève des pilotes au moment de l’écrasement de Swissair.

Mais dès que la nouvelle s’est répandue, les pilotes en grève et les agents de bord mis à pied se sont tous portés volontaires pour offrir une navette de vols entre Halifax et New York pour transporter les familles des victimes.

«À bien des égards, les victimes de Swissair vont bien au-delà des personnes qui sont mortes», estime-t-il.

«Il y a des gens dont la vie a été transformée à tout jamais, et nous devons nous en souvenir, les aider à avancer, à guérir et à retrouver leur joie de vivre.»

Claire Mortimer, qui a perdu son père et sa belle-mère dans l’accident, a rapporté avoir entendu parler d’au moins deux suicides de personnes impliquées dans les efforts de récupération des corps. Tout en racontant que la douleur de la perte de ses proches avait grandement guéri avec le temps, elle souligne que d’autres victimes peuvent encore souffrir de blessures psychologiques liées à leur lourd devoir.

«C’est une tragédie autant que l’écrasement de l’avion, a-t-elle insisté, faisant référence à l’un des hommes qui s’est suicidé. Je considère que des personnes qui se sont enlevé la vie à la suite de leur intervention sur les lieux sont des victimes de Swissair autant que mon père. Ces gens doivent être reconnus et pris en charge.»

Mme Mortimer, une infirmière praticienne spécialisée dans le traitement du syndrome de stress post-traumatique, a fait savoir qu’elle espérait communiquer avec les premiers répondants qui étaient sur les lieux de l’accident, ainsi qu’avec toute autre personne de la collectivité qui ont du mal à obtenir les ressources dont elles ont besoin.

Bien qu’elle habite dans le Maine, aux États-Unis, Claire Mortimer a voyagé à plusieurs reprises en Nouvelle-Écosse et elle considère la province comme une résidence secondaire.

Elle affirme que le soutien de la province a été déterminant dans son processus de guérison.

«C’était une expérience tellement chaleureuse et aimante que d’être accueillie par tant de gens, a-t-elle décrit, disant vouloir à son tour venir en aide à d’autres personnes affectées par l’écrasement.

Sur les 229 personnes décédées lors du vol fatal, 14 étaient des membres d’équipage. Les autres étaient des passagers, dont la plupart venaient des États-Unis, de la France ou de la Suisse.

Parmi les personnalités notoires, citons le célèbre chercheur sur le SIDA Jonathan Mann, Pierce Gerety du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, le conseiller de l’UNICEF Yves De Roussan et Ingrid Acevedo, directrice des relations publiques de l’UNICEF.

Environ 2800 personnes ont été impliquées dans les opérations de récupération des corps et des débris. Quelque 200 plongeurs se sont aventurés à 55 mètres sous la surface de l’océan à la recherche de restes humains et de parties de l’avion.

Vic Gerden a dirigé l’enquête pour le Bureau de la sécurité des transports dans ce qui est devenu l’un des mandats les plus coûteux et les plus complexes de l’histoire des catastrophes aériennes.

En 2003, il a publié un rapport de 337 pages concluant que l’incendie avait commencé lorsqu’un fil électrique a mis le feu à un revêtement isolant inflammable. Le rapport comprenait 23 recommandations sur divers sujets, des enregistreurs de vol à l’inflammabilité des matériaux en passant par la lutte contre les incendies en vol et à ce que doivent faire les pilotes s’ils sentent de la fumée.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, M. Gerden a rapporté que 20 d’entre elles avaient permis d’améliorer les mesures de sécurité dans les avions.

«Le changement le plus important est probablement celui d’avoir retiré certains matériaux inflammables comme le MPET, ce qui réduit le risque d’incendie en vol», a-t-il déclaré.

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