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QUÉBEC – Au lieu de dépenser à qui mieux-mieux, les partis politiques devraient se serrer la ceinture durant les campagnes électorales, selon la Coalition avenir Québec (CAQ).

Avec en fond de scène les révélations de la Commission Charbonneau sur le financement illégal des partis politiques, la CAQ va déposer un projet de loi fixant à 4 millions $ le plafond de dépenses autorisé pour chaque parti en campagne électorale.

«Il doit y avoir moins d’argent qui soit utilisé par les partis politiques», a fait valoir le chef du parti François Legault lundi, en conférence de presse, une semaine avant la rentrée parlementaire.

S’il devenait réalité, son projet se traduirait par une réduction drastique, correspondant aux deux tiers des sommes présentement autorisées.

A titre d’exemple, le Parti libéral du Québec (PLQ) a dépensé quelque 10 millions $ durant la dernière campagne sur une possibilité de 12 millions $, tandis que la CAQ, qui disposait de coffres bien moins garnis, n’a pas franchi le cap des 3 millions $, d’où une grande inégalité des forces en présence.

M. Legault estime qu’un plafond de dépenses élevé cause une pression énorme sur les partis politiques pour amasser beaucoup d’argent, une façon de faire qui doit cesser.

Selon lui, les partis peuvent très bien faire connaître leurs propositions à la population sans dépenser des tonnes d’argent.

Ainsi, le fait de diminuer de façon importante le plafond de dépenses va diminuer d’autant, selon lui, la pression exercée sur les collecteurs de fonds des partis.

Il a par ailleurs rappelé son accord avec le gouvernement pour abaisser à 100 $ par année la contribution annuelle maximale des citoyens aux partis politiques.

La CAQ veut déposer son projet de loi dès la rentrée parlementaire de l’automne. Pour avoir des chances d’être adopté, le projet de loi devra avoir l’appui du caucus libéral ou du gouvernement.

«Les Québécois s’attendent à ce qu’on pose des gestes rapidement» en cette matière, selon lui.

En parallèle, la CAQ n’exclut pas l’idée d’envisager légiférer en matière de financement des partis politiques municipaux, une question qui fait aussi l’objet des travaux de la Commission Charbonneau, chargée de faire la lumière sur diverses allégations de collusion et de corruption dans l’industrie de la construction.

La proposition de la CAQ sur le financement des campagnes électorales plaît à Québec solidaire et la coporte-parole du parti, Françoise David, juge qu’elle mérite au moins d’être étudiée.

«Ce qui est certainement susceptible de nous satisfaire, c’est de débattre d’un projet de loi qui diminuerait le plafond des finances permises en campagne électorale. Nous, nous n’avons pas encore débattu d’un montant, mais nous sommes très réceptifs à une discussion là-dessus», a dit Mme David, en point de presse.

Au terme d’une réunion avec son collègue de Mercier et coporte-parole Amir Khadir, Mme David a annoncé qu’elle rencontrera mardi la première ministre Pauline Marois et les chefs des autres formations de l’opposition.

En prévision de la rentrée parlementaire du 30 octobre, il importe que les partis s’entendent pour améliorer le ton des échanges à l’Assemblée nationale, a dit par ailleurs la députée de Gouin.

«Nos concitoyens nous lancent des messages très clairs depuis quelques semaines: ‘on veut que l’Assemblée nationale fonctionne’ et c’est ce qu’Amir et moi voulons aussi. Pas d’élections dans les trois mois qui viennent», a-t-elle dit.

Pendant les travaux de la session, les deux députés de Québec solidaire espèrent faire progresser cinq dossiers: l’imposition d’un prix unique du livre, la réforme du financement politique, la révision de la loi 101, l’étiquettage des OGM et l’adoption d’une politique pharmaceutique publique (Pharma Québec).

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