Josie Desmarais

OTTAWA — Même s’il refuse de donner un chiffre sur le nombre d’immigrants qui seraient accueillis au Québec sous un gouvernement péquiste, le chef Jean-François Lisée conseille fortement à Ottawa de ne pas imposer au Québec un nombre qui ne lui conviendrait pas. S’il le fait, le chef n’aura pas peur de sortir ses gants de boxe.

«Je leur dis: ‘n’essayez-vous pas avec moi’».

Car ce ne serait pas une bonne idée pour le premier ministre Justin Trudeau de lancer une chicane sur l’immigration avec un gouvernement du Parti québécois (PQ), a-t-il poursuivi, sur un ton de défi, devant le Parlement canadien où la caravane péquiste a fait dimanche un arrêt inusité de campagne pour y dénoncer «l’injustice économique d’Ottawa envers le Québec».

Mais s’il le faisait néanmoins? «Bring it on», a rétorqué le chef péquiste, en après-midi à Gatineau, sans cependant spécifier de quelle façon il riposterait.

Pas de chiffre ferme

Le PQ refuse de donner un chiffre ferme sur le nombre d’immigrants: il maintient que la cible doit être fixée selon les besoins du Québec et sa capacité d’intégration, et surtout «pas sur les vetos et les diktats d’Ottawa».

«Nous, on ne fait pas de numérologie», répète-t-il à ce sujet lorsque l’on lui demande des chiffres.

Plus tôt lors de la campagne, le chef péquiste avait évoqué une cible oscillant entre 35 000 et 40 000 nouveaux arrivants.

Mais il dit maintenant qu’il avait fait ce calcul «basé sur les échecs du passé» du gouvernement Couillard. Pour les années prochaines, «l’idée du succès sera recommandée par la vérificatrice générale, par l’Institut de la Statistique et par des spécialistes de la main d’oeuvre». Actuellement, le Québec en reçoit de 50 000 à 53 000.

Mais interrogé à savoir s’il serait prêt à hausser ce seuil, si la vérificatrice le recommandait, il a répondu deux fois: «Je ne veux pas spéculer, mais je respecterai des recommandations basées sur des faits».

D’accord avec le chef du PLQ

Le chef Lisée convient que le gouvernement fédéral a un droit de regard sur le nombre d’immigrants accueillis. Il contredisait ainsi le chef de la CAQ François Legault qui croit qu’Ottawa ne décide pas à ce chapitre et que lui-même peut réduire leur nombre à 40 000.

«Si Ottawa le voulait, ils pourraient prendre n’importe quelle loi du Québec et la désavouer», a souligné M. Lisée.

Pour une rare fois, le chef péquiste a donné raison à Phillippe Couillard qui a exprimé cet avis samedi.

M. Lisée a toutefois fait remarquer qu’Ottawa n’a jamais contredit le Québec sur ses choix en immigration. Et s’il veut le faire, «on aura un beau débat politique notamment à l’élection (fédérale) de 2019».

Car la réelle question est ailleurs, croit-il. Elle est politique.

Et elle découle d’un rapport de force entre le Québec et Ottawa. À ce titre, le PQ au gouvernement aura plus de pouvoir que ses adversaires, car Ottawa le craint. Et c’est le cas, dit M. Lisée, car la formation péquiste peut menacer de faire l’indépendance et quitter le Canada si elle n’obtient pas ce qu’elle veut.

Le chef attendait les questions sur ce sujet pour décocher une flèche à son adversaire caquiste.

Il en a donc profité pour dire que l’incompréhension et les approximations de François Legault sur la politique d’immigration est une grave incompétence qui le «disqualifie d’être premier ministre».

Il ne connaît pas la base de son dossier principal, s’est exclamé M. Lisée dimanche.

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