OTTAWA — Après neuf ans d’attente pour démontrer le rôle qu’aurait joué le gouvernement fédéral dans sa détention au Soudan, le Montréalais Abousfian Abdelrazik devra encore faire preuve de patience.

Le procès a été repoussé indéfiniment après qu’une juge de la Cour fédérale eut convenu «à contrecoeur» qu’il devait être ajourné le temps d’une révision de la preuve divulguée à ce jour.

La juge Martine St-Louis était prête à entendre des témoins dès cette semaine dans le cadre de la poursuite intentée en 2009 par M. Abdelrazik, qui souhaite obtenir des excuses et une compensation pour son calvaire.

Mais la semaine dernière, le ministère de la Justice a informé son avocat que le gouvernement demanderait l’ajournement du procès civil puisqu’en raison du passage du temps, des milliers de documents doivent être examinés de nouveau pour s’assurer que le dossier le plus complet possible est disponible.

L’avocat de M. Abdelrazik, Paul Champ, s’est dit déçu de ce délai, mais il soutient que son client garde bon espoir d’obtenir gain de cause — aussi longtemps que cela prendra.

Abousfian Abdelrazik, aujourd’hui âgé de 56 ans, a été arrêté alors qu’il visitait sa famille au Soudan, en 2003. Il a été interrogé par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) concernant de présumés liens avec des extrémistes.

Niant toute implication terroriste, il affirme également avoir été torturé par des agents du renseignement soudanais. Les fonctionnaires fédéraux maintiennent qu’ils ne savaient rien des mauvais traitements présumés.

En 2009, un juge de la Cour fédérale a conclu que le SCRS était «complice» dans sa détention et que les autorités canadiennes avaient décidé de ne pas s’impliquer dans les efforts de rapatriement de M. Abdelrazik. Elles auraient aussi envisagé de lui refuser un passeport pour prévenir son retour au pays, lui qui avait obtenu la citoyenneté canadienne en 1995, cinq ans après avoir été admis comme réfugié.

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