Ryan Remiorz/La Presse canadienne Philippe Couillard

ROUYN NORANDA, Qc — Le chef libéral Philippe Couillard mise sur le recrutement d’un plus grand nombre d’Autochtones pour résoudre le problème de pénurie de main-d’oeuvre au Québec, dont il ne cesse de faire état.

Lors d’une tournée éclair de l’Abitibi, mercredi, il a répété ce message à cinq reprises, mais toujours en l’absence de membres des Premières Nations.

Le chef de Kebaowek, Lance Haymond, croisé au local électoral du candidat libéral Luc Blanchette, a affiché un certain scepticisme.

Il a évoqué plusieurs grands défis — à commencer par la barrière de la langue. «Pour les Autochtones qui sont anglophones, comme dans ma communauté, c’est une difficulté de plus», a-t-il dit, évoquant également le manque de formation et de transport, et la grande distance séparant les réserves des villes.

«Le Lac-Simon, c’est à 30 kilomètres de Val-d’Or, a-t-il illustré. Ça va prendre des efforts et du temps.»

La veille, M. Couillard avait indiqué vouloir encourager les jeunes des Premières Nations à venir occuper des postes en restauration à Val-d’Or.

Il était alors dans une succursale de la chaîne Subway, fermée indéfiniment, faute d’employés. Mercredi, devant les installations de la minière Agnico Eagle, il a également fait état d’un manque de main-d’oeuvre spécialisée.

La minière embauche des travailleurs du Québec, du reste du pays et de l’étranger (dont un employé qui fait le voyage des Philippines à tous les 14 jours), mais très peu d’Autochtones.

Le chef libéral s’est engagé à offrir plus de formations techniques et professionnelles, en plus des cours de francisation en entreprise et d’incitatifs pour les retraités qui désirent retourner au travail à temps partiel. Il a insisté sur l’importance de respecter les différences culturelles et de rapprocher les peuples.

«L’approche par rapport à la vie, par rapport au travail n’est pas la même, a-t-il reconnu. La pause pour la chasse à l’oie, c’est excessivement prioritaire, c’est dans le mode de vie, dans la culture profonde des Premières Nations. (…) Je suis certain qu’on va avoir des grands succès dans l’intégration des Premières Nations au marché du travail. On doit l’avoir.»

De Lavaltrie, mardi, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, s’était quant à lui prononcé en faveur de la tenue d’un sommet entre les nations pour discuter de ces enjeux.

Le problème de pénurie de main-d’oeuvre est au coeur même de la campagne des libéraux, qui militent également en faveur d’une légère hausse des seuils annuels d’immigration. Mais pourquoi ne pas avoir pris les mesures nécessaires à l’avance pour éviter la crise?

«On a pris des mesures qui ont tellement développé l’économie que le problème est devenu beaucoup plus apparent, a affirmé M. Couillard. Ça fait longtemps que l’économie du Québec n’a pas aussi bien roulé.»

Philippe Couillard s’est par ailleurs défendu de ne pas avoir rencontré les groupes de femmes lors de son passage à Val-d’Or.

Il a dit suivre de près les travaux de la Commission Viens, qui se penche sur le racisme systémique envers les Autochtones.

«Je suis très solidaire. (…) Je présume qu’elles (les recommandations) seront de très bonne qualité. J’ai même demandé que si la commission, avant son rapport final, voyait des éléments évidents sur lesquels on pouvait agir tout de suite, on le ferait.»

Dans la foulée du mouvement #MoiAussi, il prétend que les dossiers de condition féminine sont toujours «vivants dans notre société», même s’ils sont absents de la présente campagne électorale.

«Est-ce qu’il est un thème spécifique de la campagne? Pas nécessairement, mais le thème existe», a-t-il dit.

Par ailleurs, les libéraux se disent confiants de remporter la circonscription d’Abitibi-Ouest, représentée pendant plus de 40 ans par le péquiste François Gendron, qui tire sa révérence.

Les électeurs sont préoccupés par la pénurie de main-d’oeuvre, a résumé le chef libéral.

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