Ryan Remiorz Manon Massé

MONTRÉAL — Québec solidaire est un parti «révolutionnaire, certes», mais pas nécessairement révolutionnaire socialiste, bien qu’il veuille socialiser l’économie pour la rendre plus équitable, soutient Manon Massé.

La coporte-parole du parti et aspirante première ministre de Québec solidaire a fait cette déclaration, mercredi, alors qu’elle prenait la parole devant 200 convives de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Il s’agissait d’une première pour la Chambre de commerce et Québec solidaire. Le président de la Chambre, Michel Leblanc, a précisé que pour inviter un représentant de QS, il attendait que ses membres le réclament.

D’entrée de jeu, M. Leblanc lui a carrément demandé si QS était «un parti révolutionnaire socialiste», après avoir énuméré des industries que le parti serait prêt à nationaliser, selon son programme, comme les banques, l’industrie pharmaceutique, les mines, le secteur du bois.

Mme Massé a dit trouver «cute» la question de M. Leblanc. Elle a expliqué que la «révolution» était même «nécessaire» pour obtenir plus d’égalité dans la société, notamment entre les salaires des hauts dirigeants des entreprises et de leurs salariés.

«Si tu me dis « nationalisation des banques », non. Je vous dis: dans le premier mandat, il n’est pas question de ça. Quand Québec solidaire sera un pays (sic), certainement qu’on aura une Banque québécoise; je n’en doute pas. Mais est-ce qu’on va nationaliser toutes les banques? Non, je ne pense pas, là», a-t-elle lancé.

Mme Massé lui a aussi répondu qu’il fallait distinguer le programme de Québec solidaire, qui est basé sur une vision à long terme, de ses engagements pour un premier mandat, soit sur quatre ans.

Elle a aussi cherché à rassurer le milieu des affaires en affirmant qu’un gouvernement de Québec solidaire aiderait les entreprises touchées par le virage qu’il prône à faire la transition économique — la pétrochimie, par exemple.

GIEC plus que Moody’s

L’aspirante première ministre de Québec solidaire a aussi beaucoup parlé des questions environnementales, qu’il s’agisse de transport ou de dépendance aux hydrocarbures.

«Pour moi, le GIEC est plus important que Moody’s», a-t-elle lancé, comparant ainsi le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à l’agence de notation.

Elle a ainsi critiqué les autres partis qui veulent prolonger l’autoroute 19, élargir la 30 ou construire un troisième lien à Québec.

«On est en 2018; on n’est pas dans les années 1950. La politique des petits bouts de route de Maurice Duplessis, c’est peut-être bon encore pour gagner des votes, mais ce n’est définitivement pas très bon pour la sauvegarde de l’environnement», s’est-elle exclamée.

Mme Massé a également plaidé en faveur du salaire minimum à 15 $ et des gens qui ont peine à boucler leur budget, même en travaillant durant 40 heures à 12 $ l’heure.

L’Ontario a haussé son salaire minimum à 14 $ l’heure, en une seule fois, et l’hécatombe prédite par certains ne s’est pas concrétisée, a-t-elle dit.

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