Marc Grandmaison Marc Grandmaison / La Presse Canadienne

Les électeurs du Nouveau-Brunswick sont un peu capricieux.

Aucun premier ministre n’a réussi à remporter un deuxième mandat dans la province depuis 2003, les libéraux et les progressistes-conservateurs ayant été portés au pouvoir à tour de rôle.

Le premier ministre libéral sortant, Brian Gallant, espère inverser cette tendance en remportant une deuxième majorité consécutive aux élections de lundi. Les sondages ont suggéré qu’il avait l’avantage, mais les experts soulignent que la course s’est resserrée — et le chef des progressistes-conservateurs, Blaine Higgs, pourrait se faufiler jusqu’au bureau du premier ministre.

Selon J.P. Lewis, politologue à l’Université du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean, l’élection va se jouer sur environ 10 sièges.

Le gouvernement libéral sortant a dû faire face à l’une des économies les plus faibles du Canada. De plus, une grande partie des appuis du parti se concentrent dans les circonscriptions francophones.

M. Lewis affirme que les difficultés économiques prolongées de la province sont devenues le problème dominant de la campagne, et que les deux principaux partis ont proposé des solutions traditionnelles pour faire face à la situation.

M. Higgs et son équipe se sont présentés comme des conservateurs fiscaux qui contrôleront les dépenses, tandis que les libéraux de M. Gallant ont clairement indiqué qu’ils pensaient que la poursuite des budgets déficitaires aiderait l’économie à se redresser — une stratégie qui avait été adoptée lors de la campagne électorale fédérale de Justin Trudeau en 2015.

«M. Gallant a fait beaucoup de promesses pour dépenser de l’argent sur (des routes), pour des investissements dans les maisons pour les personnes âgées. (…) Il a essayé de donner quelque chose à tous les secteurs différents dans la province», explique de son côté le politologue Mario Levesque, professeur associé à l’Université Mount Allison.

Brian Gallant a régulièrement accusé Blaine Higgs, un ancien ministre des Finances, de prévoir de réduire les dépenses du gouvernement, en particulier dans le domaine de l’éducation, une accusation démentie par son adversaire.

M. Lewis explique que Blaine Higgs s’est retrouvé sur la défensive et que «les électeurs ne veulent pas entendre que des coupes s’en viennent».

L’unilinguisme de M. Higgs pourrait également nuire à ses chances auprès de l’électorat francophone.

«M. Higgs dit toujours qu’il n’a jamais appris le français parce que le système d’écoles au Nouveau-Brunswick ne lui a pas donné la chance, et que ce n’est pas de sa faute. Mais en même temps, ce qu’il ne nous dit pas, c’est que dans la quarantaine d’années après qu’il a fini l’école, pourquoi il n’a pas appris la langue?», souligne M. Levesque.

Les tiers partis — le Parti vert, le Nouveau Parti démocratique et l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick — ne devraient pas faire de percées importantes, mais ils pourraient contribuer à la division du vote dans certaines des 49 circonscriptions de la province.

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