Paul Chiasson/La Presse canadienne Jean-Francois Lisée

MONTRÉAL — Le chef du Parti québécois (PQ) Jean-François Lisée a attaqué plusieurs fois la porte-parole de Québec solidaire (QS) Manon Massé lors du troisième débat des chefs, mais il a nié s’être montré plus incisif envers elle, par rapport à ses autres adversaires.

«Je la traite équitablement. J’ai posé des questions assez serrées à M. Couillard et à M. Legault et Mme Massé, je l’ai traitée équitablement. C’est ça l’égalité», a-t-il déclaré en point de presse, après le débat.

«C’est le premier débat où on nous demandait de se poser des questions les uns aux autres, alors c’était le meilleur endroit pour le faire.»

Avant même le début de la joute, M. Lisée avait indiqué en mêlée de presse qu’il voulait traiter équitablement son adversaire solidaire, évoquant l’égalité homme-femme.

Quelques minutes après le début du débat, le chef péquiste s’en est rapidement pris à Mme Massé en lui demandant, pendant un échange sur la santé, qui était le vrai chef à Québec solidaire.

Le modérateur du débat, Pierre Bruneau, a d’ailleurs dû le ramener à l’ordre plusieurs fois pour qu’il revienne au sujet principal.

Un peu plus tard, M. Lisée a aussi fait référence à une citation de la porte-parole datant de plusieurs années, dans laquelle elle disait que l’assemblée constituante que le parti souhaite former allait choisir la «langue partagée» d’un Québec souverain. Mme Massé a avoué qu’elle s’était trompée dans cette déclaration, qu’elle avait formulée en anglais, sa langue seconde.

Québec solidaire chauffe le Parti québécois dans les récents sondages, ce que M. Lisée a semble avoir reconnu en point de presse en affirmant que le parti «est maintenant un joueur important dans la campagne».

Manon Massé ne s’est pas aventurée à analyser la stratégie de son adversaire, mais elle a répété qu’il était probablement «le seul» à ne pas savoir qu’il n’y avait pas de chef à la tête de son parti, mais bien deux porte-parole.

«Je ne peux pas croire, ça fait douze ans que je suis dans ce parti-là et qu’on répète constamment qu’il n’y a pas de chef à Québec solidaire», a-t-elle indiqué.

Invitée à expliquer comment se prendraient les décisions sous un gouvernement solidaire, Mme Massé a indiqué qu’il y aurait un partage des tâches entre elle et l’autre porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois.

«La première ministre sera plus responsable de l’exécutif, des dossiers de l’administration de l’État, et Gabriel sera plus responsable de la dimension législative», a-t-elle précisé.

Tensions Legault-Couillard

Pendant leur point de presse, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault et le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) Philippe Couillard se sont également prononcés sur leurs propres échanges tendus, notamment sur l’immigration.

Le chef libéral a notamment accusé son adversaire de tenter de se «victimiser» sur le sujet et a affirmé qu’il «ne comprenait plus rien» aux propositions de la CAQ.

«Dès qu’on lui fait une remarque sur ses positions, immédiatement il parle de donneur de leçon, c’est lui qui est maltraité, les autres conspirent contre lui», a déclaré M. Couillard.

Invité à préciser s’il allait effectivement expulser quiconque ne réussirait pas les tests de français ou de valeurs, M. Legault a refusé de préciser ses intentions. Il s’est obstiné à répéter qu’il avait l’intention «d’intégrer» les immigrants.

«Ce que je dis, c’est que les 60 pour cent d’immigrants économiques, c’est le gouvernement du Québec qui décide s’il donne le certificat de sélection. Pour donner le certificat, il faut qu’ils aient réussi les deux tests», a soutenu M. Legault.

«Je veux me concentrer à ce que le plus possible, les gens réussissent.»

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