Josie Desmarais/Métro

GATINEAU, Qc — Une tornade a frappé les villes de Gatineau et d’Ottawa vendredi soir, arrachant des toits, éventrant des immeubles, fracassant des fenêtres et renversant arbres, voitures et panneaux routiers sur son passage.

L’hôpital d’Ottawa a déclaré sur Twitter, tard vendredi soir, qu’il soignait «six personnes qui souffraient de blessures liées à la tempête».

Parmi eux, deux se trouvaient dans un état critique et un autre souffrait de blessures graves alors que les autres étaient dans un état stable.

La Coopérative des Paramédics de l’Outaouais a confirmé de son côté avoir transporté «des patients dans des centres hospitaliers», mais on ignorait, vendredi en fin de soirée, l’état de santé des blessés.

À Gatineau, les autorités municipales ont procédé à des évacuations dans le quartier Mont-Bleu en collaboration avec la Croix-Rouge. Des autobus de la Société de transport de l’Outaouais (STO) ont été dépêchés sur les lieux afin d’accueillir les sinistrés et les transporter vers le campus Gabrielle-Roy du Cégep de l’Outouais, où ceux qui n’ont pas de proches qui peuvent les héberger passeront la nuit.

«On va monter des lits et des dortoirs comme on fait pour les grands sinistrés», a déclaré le bénévole de la Croix-Rouge Yves St-Onges, à La Presse canadienne.

Selon la Croix-Rouge, de 600 à 800 personnes ont été évacuées à Gatineau. La Ville a demandé aux citoyens dont la résidence a été endommagée de ne pas retourner à leur domicile.

«Les sinistrés pourront retourner à leur résidence quand ça va être sécurisé, on ne peut pas faire de compromis là-dessus, les pompiers inspectent les édifices, dès qu’on peut les déclarer habitables, on le fait, mais malheureusement, ça prend du temps», a déclaré le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin en entrevue avec La Presse canadienne.

De l’autre côté de la rivière des Outaouais, le quartier Dunrobin, dans l’ouest d’Ottawa, affichait aussi son lot de maisons endommagées par la tornade.

Le premier ministre Justin Trudeau a invité les citoyens touchés à suivre les consignes des premiers intervenants et à se renseigner sur l’état des personnes plus vulnérables. «Nous suivons la situation et pensons à vous», a-t-il écrit sur Twitter.

De son côté, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a annoncé qu’il suspendait sa campagne samedi afin de se rendre en Outaouais pour discuter avec la population et les autorités.

Sur son compte Twitter, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a indiqué que des «phénomènes météorologiques» avaient abîmé des édifices et forcé la fermeture de nombreuses rues à la circulation près de l’école secondaire Mont-Bleu, à Hull. Plusieurs témoins ont affirmé qu’un incendie s’était déclaré dans l’établissement scolaire.

Alain Roberge, météorologue pour Environnement Canada, a précisé qu’une enquête devrait être menée pour déterminer s’il c’était bel et bien une tornade, mais que les premiers renseignements et observations recueillies sur le terrain semblaient aller dans ce sens.

Plus tôt vendredi, Environnement Canada avait signalé sur son site web la présence d’une «ligne d’orages violents» s’étendant du nord-est de Gatineau au nord-ouest d’Althorpe qui pouvait produire de puissantes rafales, de la grêle, de fortes pluies et de «brèves tornades isolées».

M. Laberge avait ensuite indiqué que la ligne se déplaçait vers l’est et perdrait en intensité au fil des heures.

Des alertes de vents violents et de tornades, notamment pour les régions de Prescott et Russell, de Papineauvillle, de Lachute, de Saint-Jérôme et de la rivière aux Lièvres, ont été lancées puis levées au courant de la soirée de vendredi.

Vendredi soir, quelque 126 000 foyers québécois étaient privés d’électricité selon le site d’Hydro-Québec, dont 55 000 en Outaouais.

«Un monstre»

Plusieurs résidants de Gatineau ont été passablement secoués par les événements.

À sa sortie du travail, Lynn Gauvin n’en croyait pas ses yeux en traversant le secteur de Mont-Bleu. «J’ai pas de mots, a-t-elle lâché en entrevue avec La Presse canadienne. Ça n’avait même pas de sens. On aurait dit un nuage de fumée noire, un monstre. Je ne pensais jamais voir ça dans ma vie.»

Marie Pieschke, une résidante de Gatineau, a vécu toute une frousse. «Le ciel est venu comme noir, puis après ça, il a commencé à pleuvoir très, très fort, a-t-elle raconté. Ensuite, il y a eu un gros, gros bruit.» Mme Pieschke a ajouté que l’arbre centenaire devant sa maison a été sérieusement abîmé, tout comme sa toiture, qu’elle venait de refaire. «Les branches ont commencé à tomber. Il y a une grosse, grosse branche qui est tombée en avant de ma porte, a-t-elle indiqué. J’ai lâché un cri.»

Jean-Marie Hamelin, un autre résidant, a vu des arbres tomber par sa fenêtre et s’est reculé de peur que des branches ne fassent éclater la vitre. «C’est très énervant, a-t-il confié. Ça fait 33 ans que je demeure ici et je n’avais jamais vu ça. C’était un bon vent.»

Lancine Dourouké a eu moins de chance: un morceau de bois a fait éclater une fenêtre de son salon sous ses yeux. «Je dormais et je me suis réveillé tout d’un coup, a relaté l’homme originaire de la Côte d’Ivoire. Je me suis levé et j’ai vu les éclats de verre. Je me suis réfugié dans la salle de bain et j’ai attendu trois ou quatre minutes que ça passe.»

Forcé de quitter son appartement en raison des dommages, M. Dourouké s’est tout de même réjoui d’avoir eu le temps d’emporter ses papiers d’immigration. «C’est la vie, c’est le destin», a-t-il conclu, philosophe.

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