Josie Desmarais/Métro Philippe Couillard

MONTRÉAL — Même s’il a attendu le 30e jour de la campagne électorale pour dévoiler sa première promesse en environnement, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, se défend de reléguer ce thème au second plan.

La formation politique a dévoilé vendredi, dans l’arrondissement montréalais de Verdun, une série d’engagements totalisant 45M$ sur cinq ans et qui ratissent large.

En plus d’interdire les pailles en plastique dans les bars et restaurants — une initiative que de plus en plus d’établissements prennent de leur propre gré — le PLQ souhaite qu’un bac de recyclage se trouve à proximité de chaque poubelle publique dans la province, ce qui coûtera 15M$, et veut stimuler la modernisation des centres de tri — au coût de 25M$ — afin qu’ils puissent accepter l’ensemble des types de plastiques.

La formation politique souhaite également plus d’inspecteurs afin de se pencher sur la question des sols contaminés et compte exiger une redevance sur l’eau plus élevée pour les grands consommateurs, comme les compagnies d’embouteillage.

«Il n’y a pas nécessairement un rapport direct entre l’argent que l’on investit et l’impact d’une mesure», a répondu M. Couillard, en réponse à une question entourant l’ampleur de ses promesses, alors qu’il se trouvait en compagnie de sa ministre sortante de l’Environnement et candidate locale, Isabelle Melançon.

Depuis le début de la campagne, certains ont déploré le peu d’attention accordé au thème de l’environnement. Québec solidaire (QS) évoque fréquemment cette question, alors que le Parti québécois (PQ) a déjà dévoilé sa plateforme en la matière.

Pour M. Couillard, il n’y a aucun lien entre l’ordre dans lequel les engagements sont dévoilés et leur «importance relative».

«Quand vous dites cela, vous mettez de côté tous les efforts en cours dans le plan de lutte aux changements climatiques, ce qui représente littéralement des milliards de dollars», a dit le chef libéral.

Plus de redevances, mais pas de cible
L’an dernier, Québec n’a récolté qu’environ 3,2M$ en redevances sur l’eau, alors que les redevances sont environ sept fois moins élevées qu’en Ontario.

Interrogé à ce sujet, M. Couillard a affirmé vouloir rattraper la moyenne à ce chapitre, mais n’a toutefois pas voulu évoquer de montant, contrairement à QS et au PQ, qui ambitionnent respectivement de récupérer 430M$ et 160M$.

Donnant l’exemple de la compagnie d’embouteillage Eska, qui est établie au Québec, le chef libéral a dit qu’il préférait opter pour une consultation publique.

«Si, par des politiques mal avisées, on fait en sorte que cette entreprise n’est plus compétitive, on rendra service ni à notre environnement, ni aux Québécois, a-t-il dit. C’est pour cela que l’on doit faire cette consultation.»

En ce qui a trait aux centres de tri, Mme Melançon a précisé que la modernisation visait à ce que l’on évite d’enfouir du plastique numéro 6 — comme les contenants pour portion individuelle de yogourt et les verres à café ou boissons chaudes.

Contamination et infrastructures

Par ailleurs, alors que la gestion des sols contaminés avait suscité la controverse au cours des derniers mois, le PLQ ajoutera environ 30 inspecteurs, afin d’en compter près de 300.

Cet été, la gestion des sols contaminés de Québec avait été fortement critiquée à la suite d’une série d’articles du quotidien La Presse ayant notamment révélé une baisse du nombre d’inspections au fil du temps et l’absence du dépôt d’accusations à l’endroit d’individus ayant procédé à des déversements.

Finalement, un gouvernement libéral consacrerait 1 pour cent de ses budgets d’infrastructures au développement d’infrastructures vertes. Puisque le PLQ propose de faire passer à 110G$ le Plan québécois des infrastructures, une somme annuelle de 100M$ serait ainsi dirigée vers des projets plus verts.

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