OTTAWA — À l’époque, le monde était beaucoup plus propice à un retour en force du Canada.

Lorsque le gouvernement libéral est arrivé au pouvoir en 2015, la détérioration des relations avec l’ONU et les États-Unis avait laissé un vide politique où reconstruire. Les perspectives commerciales semblaient prometteuses en Chine et en Inde. La principale priorité en politique étrangère était de fredonner en choeur avec la Maison-Blanche, occupée par le sympathique Barack Obama.

C’est la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines qui, selon plusieurs, a complètement désaxé la politique étrangère de Justin Trudeau et ses «voies ensoleillées».

Le gouvernement tentera de retrouver son équilibre cette semaine, lorsque le premier ministre et la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, prononceront chacun un discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

La campagne du Canada pour l’obtention d’un siège temporaire au Conseil de sécurité de l’ONU sera alors sous la loupe, tandis que beaucoup de gens se demandent si ce serait même possible, compte tenu de l’énergie dépensée pour sauver l’Accord de libre-échange nord-américain.

Selon des nouvelles statistiques déposées au Parlement la semaine dernière, le Canada accuse un retard sur le rythme des dépenses qu’il avait engagées dans sa dernière campagne victorieuse, dans les années 1990.

Affaires mondiales Canada rapporte que le gouvernement a investi 532 780 $ depuis 2016 pour l’obtention d’un siège, tandis qu’il avait injecté 1,9 million de dollars sur quatre ans pour accéder au Conseil de sécurité de 1999 à 2000.

Le bilan du gouvernement Trudeau en matière de politique étrangère n’a rien d’impressionnant, notamment parce qu’il avait mis la barre haute à son arrivée au pouvoir, analyse Thomas Juneau, de l’Université d’Ottawa.

Bien que le gouvernement fasse pression pour la ratification du Partenariat transpacifique cet automne et que son accord de libre-échange exhaustif avec l’Europe soit en vigueur, ses autres ambitions commerciales en Asie ont stagné.

Le voyage de Justin Trudeau en Inde a été un échec, non pas à cause de ses habits traditionnels tournés au ridicule, mais bien parce que les intérêts commerciaux avec l’Inde ne mènent à rien, avance M. Juneau.

Il en va de même pour la Chine, qui a rejeté le programme de libre-échange soi-disant progressiste de Justin Trudeau lors de sa visite à la fin de l’année dernière, ajoute-t-il.

Et le premier ministre fait maintenant face à la tâche «herculéenne» de renégocier l’ALÉNA avec un Donald Trump «erratique», relève l’expert en politique étrangère Fen Hampson.

«L’ALÉNA asphyxie le programme de politique étrangère du gouvernement, ne serait-ce que parce que la ministre des Affaires étrangères s’en occupe 24/7 depuis son entrée en poste», souligne-t-il.

Mme Freeland prononcera le discours d’ouverture du Canada devant l’Assemblée générale de l’ONU samedi prochain. Il s’agit de la première fois que Justin Trudeau confie cette tâche à un ministre des Affaires étrangères. Il s’adressera pour sa part brièvement à l’assemblée dans le cadre du sommet célébrant le 100e anniversaire de Nelson Mandela.

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