Andrew Vaughan/La Presse canadienne Le chef des progressistes-conservateurs, Blaine Higgs

FREDERICTON — Progressistes-conservateurs et libéraux criaient tous deux victoires, lundi soir, alors que l’incertitude planait toujours sur le parti qui formera le premier gouvernement minoritaire de la province depuis 1920.

Le premier ministre sortant du Nouveau-Brunswick, le libéral Brian Gallant, a annoncé son intention de rester au pouvoir, même le Parti progressiste-conservateur a remporté un siège de plus au terme du dépouillement des voix. Au final, les progressistes-conservateurs ont récolté 22 sièges contre 21 pour les libéraux.

Le chef gagnant, Blaine Higgs, est monté sur scène avant que les dés ne soient jetés.

Il a déclaré que malgré ses désaccords avec les autres partis, ils partageaient dorénavant l’occasion de «se mettre au service du Nouveau-Brunswick».

«Peut-être que Brian Gallant et moi serons tous deux chez la lieutenante-gouverneure demain matin», a-t-il lancé.

Prenant la parole devant ses partisans réunis à Grande-Digue, Brian Gallant a célébré sa victoire sur le plan du vote populaire, alors que sa formation a récolté 38 pour cent des appuis contre 32 pour cent pour les progressistes-conservateurs. Le politicien de 36 ans a dit avoir compris le «message clair» de la population, qui souhaite selon lui que «les gens de l’assemblée législative travaillent ensemble».

Les électeurs néo-brunswickois ont causé la surprise en tournant le dos au bipartisme auparavant bien ancré dans la province.

Deux tiers partis, l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick et le Parti vert, ont récolté suffisamment de sièges pour détenir la balance du pouvoir.

Le chef de l’Alliance des gens, Kris Austin, a remporté un premier siège pour sa formation, qui a récolté un total de trois circonscriptions. Le Parti vert, dirigé par David Coon, a lui aussi mis la main sur trois sièges.

La province n’a pourtant jamais développé une forte tradition des tiers partis, expose Donald Wright, professeur de science politique à l’Université du Nouveau-Brunswick.

«Le NPD n’a jamais réussi à percer dans la province principalement parce que le Parti libéral ramassait vraiment la masse d’électeurs le long de la côte nord et créait une loyauté historique avec les Acadiens», a-t-il illustré.

Au déclenchement de la campagne, les libéraux comptaient 24 des 49 sièges de l’Assemblée législative, comparativement à 21 pour les progressistes-conservateurs et à un pour les verts. Il y avait aussi un élu indépendant et deux sièges étaient vacants.

Des partis aux antipodes
Pourtant, libéraux et progressistes-conservateurs n’auraient pas pu adopter des approches plus divergentes pour courtiser les électeurs

Le télégénique Brian Gallant a promis d’importantes dépenses gouvernementales, une stratégie empruntée à la campagne menée par Justin Trudeau en 2015.

Avocat de formation, le plus jeune premier ministre au pays est un défenseur de l’égalité des genres, d’une saine alimentation et de l’activité physique. Récemment marié, le politicien plein de fraîcheur parle couramment l’anglais et le français.

À l’opposé, Blaine Higgs — un ancien cadre d’Irving Oil — a mis de l’avant des «idées pleines de gros bon sens qui ne coûtent pas cher».

Le fringant sexagénaire assimile souvent les citoyens à des clients. Auparavant ministre des Finances, ce grand-père appréhende la gestion du gouvernement comme celle d’une entreprise.

Pendant un peu plus d’un mois, la campagne électorale s’est concentrée sur les questions de l’emploi, de l’économie et de la gestion des finances publiques. La place de la langue française dans la province a aussi attiré l’attention, alors que l’Alliance des gens s’oppose à l’existence de deux langues officielles.

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