Paul Chiasson/La Presse canadienne Jean-François Lisée

MONTRÉAL — À une semaine des élections, le chef du Parti québécois (PQ) tente de faire le plein d’appuis, et lundi, il a même tendu la main aux anglophones et aux allophones pour qu’ils donnent une chance à son parti, puisque de toute façon, il n’y aurait pas de référendum dans le premier mandat.

Tout en rejetant l’idée de mettre au rancart la conviction «profonde» du PQ pour l’indépendance, Jean-François Lisée a rappelé aux communautés anglophones et allophones que sa volonté de ne pas tenir de référendum dans les prochains quatre ans était «béton».

«Essayez-nous. Allons-y pour ce bon gouvernement vert et progressiste pendant quatre ans. Et après vous pourrez débarquer en 2022», a-t-il déclaré en anglais.

Le chef souverainiste a toutefois assuré qu’il tenterait de les convaincre des bienfaits de l’indépendance d’ici là.

M. Lisée avait tenu des propos similaires en entrevue avec la station de radio anglophone CJAD, plus tôt lundi.

Alors que les Québécois ont déjà commencé à voter pour le scrutin du 1er octobre, Jean-François Lisée tente d’attirer le plus d’électeurs possible. Son parti se retrouve toujours en troisième place dans les intentions de vote, selon les sondages de la semaine dernière.

Depuis le dernier débat des chefs de jeudi dernier, M. Lisée a commencé à attaquer sur le front gauche, multipliant les salves contre Québec solidaire (QS).

Menaces du communisme
Après avoir soulevé des questions sur la gouvernance interne du parti de gauche au cours des derniers jours, le chef péquiste a brandi le spectre du communisme, lundi.

Selon M. Lisée, il y a des communistes chez Québec solidaire, et le parti souhaite nationaliser à outrance les entreprises, ce qui correspond à cette idéologie, a-t-il laissé entendre.

Le chef péquiste a toutefois refusé de qualifier directement Québec solidaire de parti communiste.

Ironiquement, le Parti communiste du Québec appuie le Parti québécois dans les élections, et non Québec solidaire.

Dans un billet daté du 16 août, le chef du Parti communiste du Québec, André Parizeau, indique que l’élection d’un gouvernement péquiste «constituerait le meilleur garant qu’on puisse collectivement se donner, pour la suite des choses, au niveau du combat pour un Québec plus juste et équitable pour tous et toutes, et aussi souverain, une fois pour toutes».

M. Lisée s’est toutefois dit surpris que le parti appuie le PQ, qui est pour la libre-entreprise.

«C’est pas ce que j’avais lu dans le Manifeste du parti communiste de Marx dans mes jeunes années, alors il faut leur demander à eux», a-t-il dit avec un sourire.

Une campagne de peur?
Interrogé sur ce nouvel argumentaire contre Québec solidaire, M. Lisée a nié mener une campagne de peur, même s’il a reconnu que les questions soulevées pouvaient faire peur aux gens.

«Vous pouvez dire ce que vous voulez sur l’impact de ces constats, mais moi je veux donner de l’information aux gens. Cette information, elle est véridique, je la relève, et les gens prendront leur décision», a-t-il expliqué.

Le chef péquiste trouve «normal» que les partis s’attaquent mutuellement pendant une campagne électorale.

Cela ne signifie pas pour autant qu’ils ne s’entendent pas sur certaines mesures, souligne-t-il.

«François Legault a dit: « Moi, je donnerai pas de job aux amis de Philippe Couillard ». J’aurais dû y penser avant. C’est une bonne idée», a-t-il illustré.

«(Ces idées communes) sont moins souvent en première page, et je le comprends.»

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