OTTAWA — Le chef conservateur Andrew Scheer a un plan pour que le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain aille de l’avant quoi qu’il arrive. Et son plan passe par un appel à la Cour suprême du Canada et par l’adoption d’une loi.

M. Scheer a détaillé sa stratégie qui, selon lui, fait disparaître tous les obstacles au pipeline, au cours d’une conférence de presse lundi après-midi. Il a également profité de l’occasion pour critiquer la lenteur du gouvernement dans ce dossier.

Le mois dernier, la Cour d’appel fédérale a stoppé le projet, reprochant au gouvernement de ne pas en avoir évalué l’impact sur les épaulards de la côte ouest et de ne pas avoir tenu de consultations appropriées auprès des Premières Nations.

Le jugement a été bien accueilli par le gouvernement de la Colombie-Britannique, tandis que le voisin albertain étalait sa colère et réclamait qu’Ottawa intervienne au plus vite.

Vendredi, les ministres responsables ont annoncé que l’Office national de l’énergie (ONÉ) avait 22 semaines pour évaluer à nouveau l’impact du projet sur la vie marine. Ils ont promis une annonce bientôt concernant les consultations des communautés autochtones. Le gouvernement Trudeau assure que le projet verra le jour. Il a acheté l’oléoduc de Kinder Morgan au coût de 4,5 milliards $.

La réaction du gouvernement ne suffit pas à M. Scheer.

«Il devrait demander la suspension de la décision de la Cour d’appel fédérale et la porter en appel devant la Cour suprême», a-t-il réclamé.

Il exige aussi une loi fédérale qui établirait que l’évaluation faite par le ministère des Transports sur le trafic marin suffit, pas besoin que l’ONÉ refasse l’exercice. Et il veut qu’Ottawa nomme un représentant ministériel spécial pour terminer au plus tôt les consultations avec les Premières Nations.

Que faire du résultat de ces consultations? «Une fois que le processus (de consultation) a été bien suivi, (…) nous devons vivre dans un pays où nous pouvons mener à terme des grands projets», a répondu le chef du Parti conservateur.

Ceux qui s’opposent à l’expansion de ce pipeline le font pour des raisons «idéologiques», selon M. Scheer. «Quand les groupes sont clairement opposés idéologiquement et philosophiquement non seulement à ce pipeline-ci ou ce pipeline-là, mais à tous les pipelines», ils ne devraient pas avoir le droit de participer au processus d’évaluation des projets, a fait comprendre M. Scheer.

Le chef conservateur a également annoncé quelles mesures il prendrait pour faciliter la construction d’oléoducs s’il formait le gouvernement en 2019: abolition de la taxe sur le carbone, abolition du projet de loi qui resserre l’évaluation environnementale des projets énergétiques et levée de l’interdiction de navires pétroliers au nord de la Colombie-Britannique.

«Les gens protestent contre tout, tout le temps. On n’annule pas tout juste à cause de ça», a conclu le chef conservateur.

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