Deux hommes retrouvés morts au Centre d’interprétation du cuivre de Murdochville en juillet 2017 avaient été exposés à une concentration mortelle de monoxyde de carbone, qui s’était accumulé en l’absence de ventilation.

C’est la conclusion à laquelle en sont venus les inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui se sont penchés sur la mort de Claude Chouinard et Roch Dunn, respectivement travailleur et bénévole au centre.

Le rapport, rendu public mercredi, explique que le 24 juillet 2017, en prévision d’éventuelles visites touristiques, les deux hommes avaient installé et mis en marche une pompe à eau à combustion interne dans le but d’évacuer l’eau de la galerie souterraine et de son tunnel d’accès, alors inondés.

Le lendemain matin, le personnel du centre s’est interrogé sur l’absence de M. Chouinard, resté sur les lieux pendant la nuit. Son véhicule était toujours stationné près de l’entrée du tunnel. M. Dunn est alors parti à sa recherche à l’intérieur du tunnel.

Environ 45 minutes plus tard, comme aucun des deux hommes n’était remonté, une troisième personne est descendue dans le tunnel, où elle a découvert les deux hommes inanimés. Ce travailleur est donc remonté et les secours ont été appelés. Il est redescendu dans le tunnel accompagné d’un autre travailleur, puis les deux sont remontés. Arrivés sur les lieux, les pompiers ont évacué les deux hommes. Les décès ont été constatés sur place.

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour l’accident. D’abord, les gaz d’échappement de la pompe à essence étaient présents et sont restés dans le tunnel d’accès à la galerie souterraine. Puis, les enquêteurs ont déterminé que la méthode de travail utilisée pour le pompage de l’eau de la galerie souterraine n’était pas sécuritaire.

L’un des inspecteurs ayant participé à l’enquête, Gilles Soucy, a précisé qu’on ignorait pour quelle raison M. Chouinard avait décidé de descendre dans le tunnel. Il souligne également qu’une saturation de l’air au monoxyde de carbone peut causer une perte de conscience et un décès très rapidement.

«(Avec) ce genre de pompe-là, en fonction du volume de la galerie qu’on avait, si quelqu’un se présente à l’intérieur lorsque c’est saturé — et c’était le cas pour M. Chouinard et pour M. Dunn — pour quelqu’un qui est vraiment en forme, qui est non-fumeur, on parle d’un temps de huit minutes avant la perte de conscience et (pour ce qui est) de la concentration létale, on parle de 10 minutes», a-t-il expliqué.

Les deux travailleurs qui sont descendus dans le tunnel à la recherche des deux victimes ont donc été très chanceux d’avoir pu remonter, estime-t-il.

«(Deux autres travailleurs) sont descendus et ont eu la chance — et c’est strictement de la chance — de pouvoir remonter. Ils ont été exposés au monoxyde de carbone, ils ne sont pas décédés, mais tout de suite après, il y a eu des tests qui ont été faits sur eux et les informations qu’on a, c’est qu’il y a une de ces personnes-là qui garde encore des séquelles de cette exposition au monoxyde de carbone.»

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit l’accès à la galerie souterraine du Centre d’interprétation du cuivre et a exigé de l’employeur qu’il élabore une méthode de travail sécuritaire pour accéder aux lieux, en plus de s’assurer que l’air ambiant respecte les dispositions réglementaires. Des gens munis d’une protection individuelle ont pu redescendre dans le tunnel temporairement, pour y récupérer de l’équipement.

Les activités au Centre d’interprétation du cuivre de Murdochville n’ont pas repris à l’heure actuelle, indique M. Soucy.

L’inspecteur a indiqué que les résultats de l’enquête étaient transmis aux autres lieux touristiques du genre au Québec, afin d’éviter qu’un autre drame se produise.

«C’est sûr que nous, ce matin, en conférence de presse, on sensibilise les employeurs et les travailleurs, mais on sait qu’au Québec, les gens utilisent beaucoup les moteurs à essence, que ce soit pour des génératrices ou des pompes à essence ou des scies à chaîne. (…) Le danger est là», a-t-il noté.

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