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MONTRÉAL — Un an après la campagne #moiaussi, les associations étudiantes de l’Université de Montréal se plaignent du fait que leurs efforts pour faire modifier le processus disciplinaire qui touche les enseignants n’ont toujours pas porté fruit, parce que le tout est enlisé dans la négociation de la convention collective entre le syndicat des professeurs et l’université.

La Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM), qui représente 40 000 étudiants, lance donc une campagne pour dénoncer ce qu’elle appelle l’immobilisme à ce sujet qui fait persister la loi du silence. Elle demande «la fin de l’impunité du corps professoral».

«Le processus disciplinaire, à notre avis, il est opaque, il est injuste, il est inéquitable, il est vicié: ce sont des profs qui se jugent entre eux. Lorsqu’un prof est mis en cause par une étudiante ou par un étudiant, il va passer en comité de discipline devant trois profs», a déploré Matis Allali, secrétaire général de la FAÉCUM, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, jeudi.

«La résultante de ça, c’est que nos gens ne désirent pas porter plainte, n’ont pas confiance dans le processus de plainte, croient que ça ne mènera à rien, parce que ce sont des collègues qui vont juger des collègues. Et il y a une loi du silence, une véritable omerta qui s’incruste sur le campus», a-t-il dénoncé.

Une loi déposée par la ministre Hélène David, sous l’ancien gouvernement libéral, requiert des universités qu’elles se dotent d’ici la fin de l’année d’une politique en matière de violences à caractère sexuel. Le processus disciplinaire permet toutefois d’aborder aussi d’autres types de plaintes.

Mais M. Allali craint que même si l’Université de Montréal réussit à se doter d’une «belle politique» en la matière, cela ne changera rien en bout de ligne si le processus disciplinaire demeure le même.

L’UdeM d’accord

L’administration de l’Université de Montréal admet de son côté que la FAÉCUM a raison.

«L’UdeM est en accord avec les demandes des étudiants. Ils ont raison de vouloir un processus juste et équitable en matière de discipline en lien avec les violences à caractère sexuel», a commenté la conseillère principale aux relations médias, Geneviève O’Meara.

Elle s’empresse d’ajouter que l’Université tente depuis un an de discuter du sujet avec le Syndicat général des professeurs et que «l’exécutif syndical a, à chaque fois, refusé». Le syndicat s’est même adressé au Tribunal administratif du travail, arguant que le processus disciplinaire faisait partie des enjeux à être négociés.

Un instant, disent les profs

Pourtant, le Syndicat général des professeurs assure vouloir lui aussi modifier le processus disciplinaire.

«Les étudiants prétendent que c’est la faute du syndicat; ce n’est pas exact. On ne se traîne pas les pieds, au contraire. Nous, on est en négociation de la convention collective. Il y a une partie des questions disciplinaires qui est en débat présentement», a objecté au cours d’une entrevue Jean Portugais, président du syndicat.

«La loi 151 prescrit qu’il doit y avoir une participation des associations et des syndicats pour l’élaboration des politiques. La ministre David avait été claire: il faut que ça soit un travail communautaire, les solutions pour les violences à caractère sexuel. Et là, les étudiants et l’employeur veulent gérer ça eux-mêmes, en dehors de tout le processus. Ça ne fonctionne pas», a protesté M. Portugais.

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