Tara Walton/La Presse canadienne

MONTRÉAL — Alcoa estime qu’il est possible de mettre fin au lock-out qui perdure depuis neuf mois à l’Aluminerie de Bécancour (ABI) sans que les réductions de main-d’oeuvre proposées ne se traduisent par des licenciements.

Ces objectifs seraient atteints «seulement» grâce à des départs volontaires à la retraite, a expliqué l’employeur, jeudi, réfutant au passage les allégations syndicales selon lesquelles l’impasse est attribuable aux tarifs d’électricité à Bécancour.

Par voie de communiqué, Alcoa a exprimé sa déception à l’endroit du syndicat des Métallos, qui, selon l’entreprise, a refusé de discuter des propositions écrites le 3 octobre dernier, quelques jours avant la suspension des négociations.

«Avec ces propositions, tous les employés présentement en lock-out retourneraient au travail et les réductions de main-d’oeuvre proviendraient seulement des départs volontaires à la retraite», a fait valoir le géant américain de l’aluminium.

Vendredi dernier, le médiateur spécial mandaté pour faciliter les négociations, l’ex-premier ministre péquiste Lucien Bouchard, avait annoncé la suspension des pourparlers en raison des positions trop éloignées entre l’employeur et le syndicat. Le conflit chez ABI porte principalement sur le régime de retraite des travailleurs ainsi que sur l’ancienneté concernant les mouvements de main-d’oeuvre

Alcoa affirme que des données internes démontrent qu’il existe des moyens précis pour améliorer la productivité de l’aluminerie et que ces solutions ont été présentées à maintes reprises.

«Cette année, la direction d’ABI a effectué une analyse comparative approfondie auprès d’autres alumineries du Québec et cette analyse a démontré de nombreuses façons d’améliorer l’usine, lesquelles ont été mises en application par les employés cadres durant les derniers mois», a fait valoir l’employeur.

Mercredi, les Métallos ont énuméré une série de reproches à l’endroit d’Alcoa, affirmant que les 1030 employés en lock-out n’avaient pas à payer pour l’incapacité de l’entreprise à négocier de bons tarifs d’électricité avec Québec.

Citant une étude de la firme Commodities Research Unit (CRU), le syndicat fait valoir que chaque tonne d’aluminium produite chez ABI est accompagnée d’une facture de coûts de main-d’oeuvre de 142,90 $, soit la plus basse parmi toutes les installations nord-américaines d’Alcoa. En comparaison, le coût de main-d’oeuvre par tonne serait de 145,30 $ à l’usine de Deschambault et de 157,60 $ du côté de l’aluminerie de Baie-Comeau.

Il en va toutefois autrement en ce qui a trait aux coûts énergétiques, qui, selon CRU, seraient de 406,90 $ pour chaque tonne produite à Bécancour, par rapport à 325 $ à Deschambault et 273,40 $ à Baie-Comeau.

Alcoa affirme que les proposition patronales ont été «développées de bonne foi» et que des pistes de solution ont tenté d’être identifiées par un comité à la suite d’une rencontre à Pittsburgh avec la partie syndicale en septembre.

«Plusieurs rencontres se sont tenues, avance l’entreprise. Puis, lors du dépôt des textes amendant la convention collective, le syndicat a complètement refusé d’en discuter.»

Selon les Métallos, Alcoa s’est plutôt présentée à la table en ayant modifié certains aspects du prochain contrat de travail qui avaient été réglés.

L’Aluminerie de Bécancour est la propriété à 75 pour cent d’Alcoa et à 25 pour cent de Rio Tinto.

Note aux lecteurs: Version corrigée. Il faut bien lire que le lock-out perdure depuis neuf mois, et non 11 mois comme il était écrit précédemment.

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