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OTTAWA — «Pas de cannabis aux passages frontaliers.» Les panneaux affichés du côté canadien du pont des Mille-Îles en Ontario, à l’entrée des États-Unis, sont on ne peut plus clairs. Ils sont ornés d’un logo comportant une feuille de cannabis dans un cercle rouge, traversée d’une barre rouge.

Cela rappelle que, même si le Canada entrera dans une nouvelle ère avec la légalisation du cannabis, mercredi, ces horizons grisants ne s’étendront pas nécessairement au-delà des frontières du pays. Les Canadiens devront donc connaître les règles lorsqu’ils se rendront à l’étranger une fois qu’Ottawa autorisera l’utilisation récréative de la marijuana à domicile. Voici ce que vous devez savoir:

Légalisation

À compter du 17 octobre, les adultes au Canada pourront posséder et partager jusqu’à 30 grammes de cannabis légal. Ils pourront l’acheter auprès de détaillants titulaires d’une autorisation provinciale ou fédérale et cultiver jusqu’à quatre plants de cannabis par résidence pour leur usage personnel. Le Québec et le Manitoba ne permettront pas la culture à domicile.

Cannabis pour emporter?

Laissez votre herbe fraîchement acquise à la maison. Le gouvernement fédéral prévient que le transport du cannabis sous toutes ses formes au-delà des frontières internationales demeurera illégal et pourra entraîner de lourdes sanctions pénales au pays et à l’étranger.

C’est le cas même si vous voyagez dans des endroits comme les Pays-Bas ou l’Uruguay qui ont décriminalisé ou légalisé le cannabis.

La restriction s’applique quelle que soit la quantité transportée, même si vous êtes en possession d’un document autorisant l’utilisation de cannabis à des fins médicales. Seul Santé Canada est habilité à délivrer des permis ou à accorder des dérogations dans des circonstances limitées.

Voyager aux États-Unis

De nombreux États américains autorisent l’usage médical ou récréatif de la marijuana. Mais cela ne change rien en traversant la frontière. En effet, la culture, la possession et la distribution de la drogue demeurent illégales en vertu de la loi fédérale américaine sur les substances contrôlées.

La frontière relève de la compétence du gouvernement fédéral et les agents des douanes et de la protection des frontières des États-Unis peuvent empêcher les Canadiens et autres non-citoyens d’entrer au pays pour un certain nombre de raisons liées à la marijuana.

Celles-ci incluent une condamnation pour crime aux États-Unis ou à l’étranger, une admission d’usage sans condamnation ou des raisons de croire que vous êtes toxicomane ou impliqué dans un trafic. Vous pourriez aussi être refoulé si l’agent pense que vous allez enfreindre la loi sur les substances contrôlées — par exemple en fumant de la marijuana aux États-Unis, même dans un État comme le Colorado ou Washington, où c’est légal.

Une fois jugé irrecevable, un voyageur pourrait se voir exiger une dérogation spéciale pour entrer aux États-Unis.

Il est préférable d’éviter les indices visuels révélateurs ou de dire quoi que ce soit qui pourrait susciter des questions sur la consommation de drogues. Donc, évitez de montrer un briquet arborant une feuille de marijuana ou de plaisanter à propos de ce concert de Grateful Dead auquel vous êtes allé à Portland il y a des années.

Le gouvernement fédéral conseille aux Canadiens de ne pas mentir à la frontière.

Si vous n’aimez pas les questions, vous avez le droit de retirer votre demande d’entrée aux États-Unis.

Et si je travaille dans l’industrie du cannabis?

Le service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a déclaré qu’un citoyen canadien travaillant dans l’industrie du cannabis légalement autorisée au Canada pourra se rendre aux États-Unis pour des vacances ou des affaires sans lien avec la marijuana. Mais une personne cherchant à entrer pour des raisons liées à l’industrie du cannabis pourrait être refoulée.

En effet, il a déjà été rapporté que des Canadiens se sont vu refuser l’entrée sur le territoire en raison de leur implication dans l’industrie américaine du cannabis.

Le consultant Ivan Ross Vrana a raconté qu’il n’avait pas été interrogé au sujet de la marijuana lorsqu’il s’est rendu aux États-Unis à quelques reprises, au cours des deux dernières années, pour rencontrer des personnes qui cherchaient à travailler dans l’industrie canadienne du cannabis. Il n’a pas non plus entendu parler d’associés qui ont eu des problèmes à la frontière.

«Je pense que la meilleure politique est d’être simple», a déclaré M. Vrana, le vice-président aux affaires publiques de Hill and Knowlton Strategies.

«C’est leur pays, ce sont leurs règles, non?»

Rentrer au Canada

Le gouvernement prévient que faire entrer du cannabis au Canada demeurera illégal, même si vous quittez des pays qui ont assoupli leurs lois sur la consommation de marijuana.

Les fonctionnaires de l’Agence des services frontaliers du Canada ont annoncé qu’ils demanderaient aux visiteurs et aux Canadiens s’ils ont du cannabis sur eux. Ils espèrent que la question réduira le risque de violation involontaire de la loi.

Si vous transportez du cannabis lorsque vous entrez au Canada, vous devez le déclarer à l’agence frontalière. Sinon, vous risquez d’être arrêté et poursuivi, prévient l’agence.

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