OTTAWA — Le Nouveau Parti démocratique (NPD) se mettra-t-il au diapason de la Coalition avenir Québec (CAQ), du moins sur certains enjeux?

Des militants néo-démocrates débattront de certaines résolutions nationalistes durant la fin de semaine à Trois-Rivières qui risquent de plaire au parti de François Legault.

Les jeunes néo-démocrates québécois proposent de transférer les pouvoirs fédéraux en matière de culture au gouvernement du Québec, avec le financement qui l’accompagne, et de reconnaître le français comme langue officielle sur le territoire québécois.

«Ce sont des propositions qui — fait intéressant — rejoignent ce que le nouveau gouvernement du Québec met sur la table aussi dans son offre nationaliste aux Québécois, c’est-à-dire de négocier avec Ottawa des pouvoirs en culture et d’étendre l’application de la loi 101 au gouvernement fédéral», souligne Farouk Karim, un ex-attaché de presse du NPD, qui avait également dirigé les communications du député Guy Caron lors de la course à la direction du NPD.

Ce sont deux des 28 résolutions qui seront soumises lors du congrès québécois du NPD où environ 150 délégués sont attendus. Cette rencontre bisannuelle se déroule huit mois après le grand congrès du NPD où d’autres résolutions spécifiques pour le Québec avaient été adoptées, soit celles en faveur d’une réforme pour «assurer son adhésion au cadre constitutionnel canadien» et pour une déclaration de revenus unique.

Lors des élections fédérales de 2015, le NPD était passé de 59 à 16 sièges dans la province. Un bilan avait permis de déterminer des lacunes dans son programme électoral qui ne ciblait pas suffisamment les électeurs québécois.

Le parti ne répétera pas la même erreur deux fois, selon le député de Trois-Rivières, Robert Aubin.

«On a très bien appris de la dernière campagne, a-t-il souligné. Je l’ai souvent dit, ils sont quand même rares les clubs de hockey qui faisant la coupe Stanley pour la première fois la gagnent. (…) On ne répétera pas les mêmes erreurs deux fois.»

Reste que sur la question des signes religieux, le NPD et la CAQ ont peu d’affinités. La CAQ veut interdire le port de signes religieux aux personnes en position d’autorité, comme les juges et les policiers, et a l’intention de recourir à la clause dérogatoire si nécessaire.

Cette question préoccupe plusieurs politiciens fédéraux dont le chef néo-démocrate Jagmeet Singh. Celui-ci s’est dit préoccupé la semaine dernière par un usage éventuel de cette clause qui permet de déroger à certains articles de la Charte canadienne des droits et libertés. M. Singh, de religion sikhe, porte plusieurs signes liés à sa foi dont le turban et le kirpan.

Il prononcera un discours samedi après-midi qui devrait porter sur l’environnement. Les militants entendront également la candidate pour l’élection partielle à venir dans Outremont, Julia Sánchez, et le lieutenant québécois du NPD, Alexandre Boulerice.

Seulement la moitié des 28 résolutions risquent d’être débattues au cours du week-end, mais celles qui seront adoptées pourraient se retrouver dans le programme électoral du NPD en prévision de l’élection générale de 2019.

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