Jonathan Hayward / La Presse Canadienne

CALGARY — L’Office national de l’énergie a dévoilé vendredi un calendrier qui lui permettrait de réexaminer le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain tout en respectant l’échéance du 22 février fixée par Ottawa.

L’organisme de réglementation fédéral impose des dates limites de dépôt dès ce mois-ci, compte entendre les témoignages traditionnels des groupes autochtones en novembre et en décembre, et attend une potentielle plaidoirie finale en janvier.

Le projet visant à tripler la capacité de l’oléoduc qui relie actuellement Edmonton et Burnaby est en suspens, alors qu’Ottawa, qui en est le propriétaire, tente de répondre aux exigences de la Cour d’appel fédérale. Le tribunal avait sommé le gouvernement de reprendre le processus de consultation et l’évaluation de l’impact environnemental de nouveaux pétroliers au large de la Colombie-Britannique.

L’ONE a pour mandat de réexaminer les effets de ce trafic maritime accru, tandis que Frank Iacobucci, un ancien juge de la Cour suprême, a été chargé de superviser une nouvelle série de consultations auprès des communautés autochtones.

L’Office a également précisé avoir accordé le statut d’intervenant à 99 demandeurs en vue des nouvelles consultations, et non à 98 personnes tel que précédemment annoncé.

L’évaluation du transport maritime, encore contestée

L’ONÉ limitera son examen du transport maritime à la zone située entre le terminal maritime Westridge et la limite des eaux territoriales de 12 miles nautiques — et non à la zone économique exclusive du Canada, à 200 milles nautiques de la côte.

Le spécialiste en chef de l’environnement à l’ONÉ, Robert Steedman, explique que cette décision a été prise en fonction des renseignements recueillis auprès des acteurs intéressés, mais les motifs précis ne seront pas dévoilés avant la semaine prochaine.

Un des groupes écologistes qui avaient contesté l’approbation du projet par Ottawa — et obtenu gain de cause — ne cache pas son mécontentement.

«Dès le départ, on dirait un exercice politique, pas environnemental», dénonce Misty MacDuffee, biologiste à la Raincoast Conservation Foundation.

Selon Mme MacDuffee, le fait de limiter cette nouvelle évaluation à la zone s’étirant jusqu’à 12 miles nautiques de la côte exclut plusieurs espèces de baleines menacées ou en voie de disparition, telles que le rorqual boréal, le rorqual bleu et le rorqual commun.

L’organisme avait contesté l’évaluation environnementale initiale de l’ONÉ, qui ne s’intéressait pas aux risques posés pour la population d’épaulards résidents du sud, en voie de disparition.

L’ONÉ avait pourtant étudié la question en 2015 et avait alors reconnu qu’une hausse du trafic maritime affecterait négativement ces cétacés. Il n’en a toutefois pas tenu compte en donnant le feu vert au projet, affirmant que la question n’était pas de son ressort.

Au-delà de l’impact environnemental sur les espèces en péril, la nouvelle évaluation devra se pencher sur l’éventualité de déversements de pétrole et de potentielles mesures pour atténuer les conséquences négatives de la circulation de pétroliers.

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