Sean Kilpatrick/La Presse canadienne Alain Rayes

OTTAWA — À deux jours de la légalisation du cannabis au Canada, l’opposition accuse le gouvernement Trudeau d’avoir appuyé trop fort sur l’accélérateur et estime que les provinces ne sont pas prêtes à affronter la situation.

«C’est très préoccupant, ce que l’on risque de voir dans les prochaines semaines, les prochains mois, d’après moi, au Canada», a prévenu en conférence de presse, lundi, le lieutenant politique québécois du Parti conservateur, Alain Rayes.

Il a soutenu que les acteurs concernés de près comme de loin par l’entrée en vigueur de cette loi, dont les municipalités, les corps policiers et les médecins, ont unanimement signalé qu’ils «n’ont pas eu le temps nécessaire» pour se préparer.

L’élu redoute «ce qui risque se produire sur les routes», brandissant l’exemple des États du Colorado et de Washington, où l’on a constaté «le double et le triple d’accidents routiers mortels causés par les conducteurs avec facultés affaiblies» l’année ayant suivi la légalisation.

Dans le camp néo-démocrate, le chef Jagmeet Singh a reproché au gouvernement libéral de n’avoir «pas fait son travail» nécessaire pour aider les provinces et les territoires à être prêts pour le 17 octobre, date à compter de laquelle les Canadiens pourront consommer du pot en toute légalité.

Le premier ministre ne partage pas la même lecture. Il a insisté sur le fait que son gouvernement avait pleinement collaboré avec ses partenaires provinciaux et territoriaux en leur laissant «15, 16 semaines» additionnelles plutôt que les six à 12 qu’ils avaient réclamées.

«On a travaillé avec eux depuis des semaines et des semaines, des mois et des mois, des années et des années, pour qu’on soit prêt», a-t-il dit lors d’un bref échange avec les journalistes à son arrivée au parlement, lundi matin.

Inquiétudes parentales

Certains élus de l’opposition conservatrice ont par ailleurs dit partager les inquiétudes exprimées par une importante proportion de parents d’adolescents du Québec qui ont répondu à un sondage Léger réalisé pour le compte de la Fondation Jean Lapointe.

L’enquête menée entre le 27 septembre et le 4 octobre auprès de plus de 500 Québécois parents d’enfants de 11 à 16 ans dévoile que près de 75 pour cent d’entre eux sont inquiets, voire très inquiets (36 pour cent) face à la légalisation de la substance.

Des élus du gouvernement libéral ont réagi au coup de sonde en offrant une lecture qui colle aux objectifs derrière la légalisation du cannabis.

Le ministre qui pilote le dossier, Bill Blair, a été de ceux-là: «Les parents devraient être inquiets de l’accès qu’ont présentement leur enfant au cannabis. Nous faisons tout en notre possible pour restreindre cet accès et éliminer le marché noir qui fournit la drogue à ces enfants».

Son collègue Marc Garneau a quant à lui fait valoir que «la situation qui existe en ce moment est beaucoup pire que la situation que nous allons amener le 17 octobre», mais que malgré tout, le gouvernement «va continuer, bien sûr, de sensibiliser tout le monde».

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