Sean Kilpatrick/La Presse canadienne Jagmeet Singh, le chef du NPD

OTTAWA — Les changements climatiques ont fait l’objet d’un débat d’urgence à la Chambre des communes lundi soir.

Des parlementaires de trois partis, incluant le Parti libéral, en avaient fait la demande plus tôt dans la journée en raison du sombre portrait brossé récemment par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies (GIEC).

Le président de la Chambre des communes, Goeff Regan, a acquiescé à leur demande lundi après-midi. Le débat a débuté à 17h30 et devait se poursuivre jusqu’à minuit.

«Le temps presse, a fait valoir la chef du Parti vert, Elizabeth May, en point de presse plus tôt dans la journée. C’est presque déjà trop tard.»

Elle espère que ce débat d’urgence donnera davantage de «force politique» à la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, pour inciter le gouvernement à hausser ses cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES).

Une révision est prévue en 2020 en vertu de l’accord de Paris sur le climat. Le Canada vise actuellement une réduction des GES de 30 pour cent sous les niveaux de 2005 d’ici 2030.

Selon Mme May, il est urgent d’agir pour limiter la hausse de la température à 1,5 degré Celsius et ainsi éviter «la catastrophe».

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, qui n’a pas encore de siège aux Communes, a affirmé en point de presse qu’il s’agit de «la menace la plus sérieuse à laquelle le monde fait face et que le Canada ne fait pas sa part».

«Le gouvernement a promis d’abolir les subventions pour le secteur pétrolier, mais ils ont augmenté ces subventions avec l’achat d’un oléoduc ancien et un autre 7 ou 9 milliards de dollars pour construire un autre pipeline», a-t-il dénoncé.

Le député libéral Nathaniel Erskine-Smith, qui semble faire cavalier seul au sein de son parti, croit que le gouvernement fédéral doit prendre des «actions immédiates» pour s’attaquer aux changements climatiques et cela inclut respecter sa promesse de cesser de subventionner les combustibles fossiles.

Avec l’achat de l’oléoduc Trans Mountain, il estime que le gouvernement doit redoubler d’efforts pour s’assurer de respecter ses cibles de réduction des gaz à effet de serre.

Le député ontarien espère que le débat d’urgence permettra d’élargir la conversation pour dégager de nouvelles pistes d’action.

«Lorsque des premiers ministres un peu partout au pays se battent contre la taxe sur le carbone qui est reconnue par des économistes du monde entier comme étant le meilleur mécanisme de marché pour lutter contre les changements climatiques, il est extrêmement important de recentrer le débat sur l’urgence du problème», a-t-il expliqué.

Talonné par le NPD lors de la période des questions, son collègue, le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a défendu l’approche du gouvernement Trudeau.

«Nous avons un véritable plan pour attaquer les changements climatiques et faire croître l’économie en même temps», a-t-il soutenu en précisant qu’il s’agissait de «faire payer les pollueurs».

Un rapport accablant
Les experts du GIEC ont signalé il y a un peu plus d’une semaine que la météo, la santé et les écosystèmes de la planète seraient en meilleur état si les dirigeants du monde pouvaient limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius plutôt qu’à 2 degrés Celsius, comme le prévoit l’accord de Paris.

À 2 degrés Celsius, le rapport indique que la fonte des glaces en mer, les sécheresses, les famines et les inondations seraient beaucoup plus accentuées qu’à 1,5 degré Celsius.

Si les gouvernements n’agissent pas maintenant, prévient le rapport, la hausse de température atteindra 1,5 degré Celsius entre 2030 et 2052.

Pour le Canada, cela signifie que les émissions ne devraient pas dépasser 385 millions de tonnes par an, alors qu’elles atteignaient presque le double en 2016.

Même avec son plan actuel de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), le gouvernement fédéral est bien loin d’atteindre cette cible. L’objectif actuel est de réduire ses émissions à 512 millions de tonnes par an.

Les conservateurs s’opposent à la taxe sur le carbone qui sera imposée par Ottawa aux provinces qui n’ont toujours pas de plan pour réduire leurs émissions de GES, soit la Saskatchewan, l’Ontario et le Manitoba.

«Le Parti conservateur est contre la taxe carbone, mais il y aura un plan vert qui sera déposé à l’approche de l’élection fédérale», a soutenu le lieutenant québécois pour le parti, Alain Rayes.

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