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MONTRÉAL — Alors que Statistique Canada a lancé lundi une consultation pour l’aider à mesurer le faible revenu et la pauvreté, le Collectif pour un Québec sans pauvreté s’inquiète du résultat qui va s’ensuivre et du sens qu’on va lui donner.

À compter de lundi et jusqu’au 31 janvier prochain, les Canadiens sont invités à remplir un questionnaire en ligne qui aidera Statistique Canada à mesurer la pauvreté (www.statcan.gc.ca/mesurerlapauvrete).

Statistique Canada explique que la Mesure fondée sur un panier de consommation, ou MPC, «est une mesure du faible revenu qui est fondée sur le coût d’un panier de biens et services dont les personnes et les familles ont besoin pour répondre à leurs besoins de base et accéder à un niveau de vie modeste».

Ce panier inclut de la nourriture et des produits d’hygiène personnelle, des vêtements et des chaussures, le logement et le transport.

«Où qu’elles vivent au pays, si les personnes et les familles n’ont pas les moyens d’acheter le panier de consommation dans leur communauté, on considérera alors qu’elles vivent sous le seuil de la pauvreté au Canada», indique Statistique Canada dans la documentation pour expliquer sa consultation.

Mais au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, a dit craindre surtout que l’on se serve de cette mesure comme indice pour déterminer la «sortie» de la pauvreté.

«Évaluer à partir de quand une personne est sortie de la pauvreté, c’est quelque chose de beaucoup plus compliqué, de plus complexe que la simple satisfaction de ses besoins» essentiels, a opiné M. Petitclerc.

«Il faudrait avoir une définition beaucoup plus généreuse au niveau des montants. Tant qu’une personne va se retrouver dans une situation où elle doit choisir entre se nourrir, se vêtir et acheter ses médicaments… ou une personne qui se retrouve à devoir changer son réfrigérateur et elle a de la difficulté à avoir du crédit, cette personne-là est en situation de pauvreté», a-t-il illustré.

En bout de ligne, il craint que le gouvernement fédéral abaisse ainsi la barre pour réduire artificiellement le nombre de personnes pauvres au pays.

«On a l’impression que ce que le fédéral essaie de faire, c’est un peu ce que le Québec vient de faire avec le sortie du troisième plan de lutte contre la pauvreté, c’est-à-dire de prendre un seuil plutôt bas et de dire « ah bien, si les gens atteignent ce montant-là, 18 000$, ces gens-là ne sont plus pauvres ». Mais ce n’est pas vrai. La Mesure du panier de consommation n’a pas été réfléchie à cette fin-là», a-t-il objecté.

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