OTTAWA – La ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley, a lancé jeudi une initiative pour recueillir auprès d’entreprises, d’organismes sans but lucratif et du milieu des bénévoles de nouvelles idées pour cofinancer des solutions afin de venir en aide aux démunis.

Cet appel aux idées nouvelles s’inscrit dans la tendance du «financement social», une approche testée aux États-Unis et au Royaume Uni. Selon ce concept, des capitaux privés sont mis à la disposition d’activités et d’initiatives locales qui agissent sur le plan social ou environnemental, tout en offrant un rendement raisonnable aux investisseurs.

Mme Finley a déclaré jeudi, lors d’un forum à Toronto, que l’initiative était une façon pour ceux qui sont motivés de le faire d’aider les autres, et pour ceux qui ont besoin d’aide de prendre plus de responsabilités.

«C’est notre première étape officielle pour amener vos idées qui pourront former l’avenir des politiques sociales au Canada», a-t-elle déclaré.

Le gouvernement prévoit recueillir des idées d’ici la fin de l’année, et ensuite, si tout va bien, lancer un appel d’offres ou identifier des projets pilotes.

Selon la ministre, les leaders communautaires sont les mieux placés pour connaître les besoins locaux, et le gouvernement doit utiliser ces ressources.

Mme Finley a en effet souvent rejeté des demandes pour une stratégie nationale en matière de logement social ou de lutte contre la pauvreté, plaidant que le gouvernement fédéral n’était pas le mieux placé pour des questions qui ont des spécificités locales.

Mais en même temps, puisque le gouvernement fédéral finance une part importante pour du logement social, des initiatives contre l’itinérance et d’autres programmes sociaux, Ottawa est impliqué dans des politiques sociales qu’il le veuille ou non.

L’opposition néo-démocrate a immédiatement dénoncé l’idée, accusant les conservateurs de privatiser les services sociaux pour des raisons idéologiques, selon un modèle qui n’a pas eu le succès attendu dans d’autres pays.

«Ce qu’ils proposent, c’est un exercice de relations publiques pour justifier de nouvelles coupes dans les services aux Canadiens», a déclaré la whip du parti, Nycole Turmel.

Le chef libéral intérimaire, Bob Rae — qui, lorsqu’il était premier ministre de l’Ontario, a approuvé la construction par le secteur privé de la première autoroute à péage du pays, la 407 —, a été moins rapide à rejeter l’idée de partenariats publics-privés, ou «PPP» en matière de financement social.

«On doit regarder les circonstances dans lesquelles c’est appliqué», a-t-il déclaré. «Les PPP ont été un succès dans différentes provinces dans des circonstances différentes», a-t-il ajouté, citant en exemple la 407, qui a depuis été vendue et est aujourd’hui exploitée par le privé.

La ministre Finley a plusieurs fois signalé qu’elle était lasse du peu de progrès réalisé dans les programmes sociaux, et veut modifier considérablement le système pour qu’il y ait davantage d’incitatifs à améliorer son rendement.

Des «obligations à impact social» pourraient être une idée, a-t-elle dit. Ces obligations sont garanties par le gouvernement et recueillent des fonds pour des solutions à des problèmes sociaux.

Mme Finley s’est aussi dite ouverte à d’autres idées, dont celles qui verraient le secteur privé et des organismes de charité financer des initiatives qui pourraient donner des résultats concrets.

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