Sean Kilpatrick Stephen Harper. Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

MANILLE, Philippines – Des groupes de Canadiens originaires des Philippines porteront une grande attention à la visite du premier ministre fédéral Stephen Harper dans leur pays natal non pas pour ce qu’il dira des Philippines, mais pour ce qu’il laissera entendre à propos de leur communauté en croissance et de leurs problèmes en matière d’emploi au Canada.

M. Harper est arrivé vendredi à Manille aux Philippines, après avoir complété son voyage de six jours en Inde. Il s’agit de la première visite d’un premier ministre canadien en 15 ans dans ce pays du Pacifique.

Les Philippines représentent la principale source d’immigrants au Canada, et le tagalog est une langue en forte croissance.

M. Harper rencontrera samedi le président des Philippines, Benigno Aquino. Les deux hommes devraient discuter de commerce et d’investissement bilatéraux, mais aussi de coopération en matière de sécurité et de questions culturelles. Les échanges commerciaux entre les deux pays n’atteignent qu’un faible 1,5 milliard $ par année.

Certains groupes philippins au Canada affirment que M. Harper doit en faire davantage pour protéger les droits du travail des dizaines de milliers de travailleurs temporaires qui viennent chaque année au Canada en provenance des Philippines.

Plusieurs de ceux-ci viennent d’ailleurs au pays pour occuper des emplois nécessitant peu de qualifications, parfois par l’entremise des programmes de travailleurs étrangers temporaires ou d’aides familiaux résidants. Des plaintes ont été déposées à propos d’employeurs abusifs, de normes du travail ignorées, et de l’absence de système de surveillance pour aider les travailleurs.

«Ce qui est absent des discussions à propos de la relation entre les Philippines et le Canada est la mise en place de normes et de paramètres clairs sur la façon dont les droits du travail ou de la personne de ces travailleurs migrants sont protégés», a déclaré Ethel Tungohan, co-éditrice du livre «Filipinos in Canada: Disturbing Invisibility», paru récemment.

«Voilà quelque chose que bon nombre de membres de la communauté aimeraient entendre.»

Selon Mme Tungohan, les travailleurs n’ont parfois aucune idée de ce que sont leurs droits et demeurent tout de même à la merci de leurs employeurs dans le cas contraire.

Le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, a annoncé des changements au programme d’aides familiaux résidants, qui permet aux familles canadiennes d’embaucher des travailleurs étrangers pour prendre soin d’enfants ou de personnes âgées.

Des défenseurs des droits des travailleurs affirment cependant que les réformes ne sont pas suffisantes. Une liste fédérale en ligne concernant les employeurs abusifs, lancée en avril 2011, est d’ailleurs encore vide.

La First Ontario Alliance of Caregivers Canada veut d’ailleurs que le gouvernement Harper réduise la longueur des délais de traitement des demandes de résidence permanente pour permettre une réunification plus rapide des familles.

Chris Thornley, l’ambassadeur canadien aux Philippines, a toutefois soutenu que ces questions ne sont pas nécessairement un problème pour le gouvernement philippin, faisant valoir que le Canada y est toujours considéré comme une destination de choix pour l’emploi.

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