JONATHAN HAYWARD / La Presse Canadienne

TORONTO — La demande pour le cannabis légal semble avoir dépassé l’offre: les rayons des détaillants sont déjà vides pour certains produits et la pénurie pourrait même s’étendre à plusieurs mois.

La Société des alcools et des loteries du Manitoba a annoncé, jeudi, qu’elle s’attendait à ce que cette pénurie dans ses succursales et sa boutique en ligne dure «au moins jusqu’à six mois».

Une porte-parole de la société d’État a écrit dans un courriel que toutes les provinces, et pas seulement le Manitoba, avaient reçu sensiblement moins de cannabis que ce qui avait été demandé initialement. Elle a ajouté que les détaillants manitobains recevraient des envois échelonnés au cours des prochaines semaines afin de répondre à leurs demandes.

La Société québécoise de cannabis (SQDC) a pour sa part indiqué qu’elle s’attendait d’ores et déjà à des problèmes d’approvisionnement, le volume des ventes ayant dépassé ses attentes.

Dans un communiqué, la SQDC a affirmé que, compte tenu de l’engouement créé par la légalisation du cannabis et de la rareté des produits à l’échelle canadienne, elle prévoyait d’importants défis d’approvisionnement à court terme pour ses succursales.

Parmi les articles qui pourraient être absents de l’inventaire, l’entreprise cite l’huile, des gélules, les atomiseurs et des joints pré-roulés.

Plus de 12 500 achats de cannabis en magasin et quelque 30 000 commandes passées en ligne ont été enregistrés lors de la première journée de la légalisation du cannabis, a fait savoir la SQDC.

L’Alberta et l’Île-du-Prince-Édouard ont dit avoir écoulé certains produits vendus en ligne. Des variétés de cannabis étaient aussi épuisées en Nouvelle-Écosse.

Les Canadiens se sont empressés de faire leur tout premier achat légal de cannabis mercredi. De longues files d’attente se sont formées devant plusieurs succursales et on a aussi assisté à une vague d’achats en ligne.

Les acteurs du milieu du cannabis et les observateurs ne s’étaient pas trompés en prédisant une pénurie de produits en raison de problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement. Il faut avouer que l’engouement des consommateurs canadiens pour le pot légal n’avait pas été véritablement mesuré jusqu’à mercredi.

La Corporation des alcools de la Nouvelle-Écosse a dit avoir réalisé 12 810 transactions représentant des ventes totalisant plus de 660 000 $, dont près de 47 000 $ en ligne, a déclaré une porte-parole. À l’Île-du-Prince-Édouard, le total des ventes du premier jour a dépassé les 152 000 $, taxes comprises, dont près de 21 000 $ en ligne.

En Alberta, où les détaillants privés gèrent les ventes, le site internet du gouvernement avait traité 8 300 commandes à 15 h 30 mercredi, récoltant environ 730 000 $, selon une porte-parole de la commission des jeux, de l’alcool et du cannabis de la province.

La Société ontarienne du cannabis ne publiera pas de chiffres précis, mais le porte-parole, Daffyd Roderick, a déclaré que «la réaction à la légalisation du cannabis a entraîné un volume élevé de commandes». La livraison en ligne va maintenant prendre jusqu’à cinq jours, par opposition au délai précédent d’un à trois jours, en raison du volume de commandes.

Le premier ministre ontarien, Doug Ford, avait déclaré mercredi matin que le site OCS.ca avait traité 38 000 commandes depuis son lancement à minuit.

«Le premier jour de vente récréative au Canada semble avoir été un succès comme en témoignent les longues files d’attente et l’enthousiasme des acheteurs», a indiqué Martin Landry, analyste pour GMP Securities, après que son équipe de recherche se fut rendue dans des magasins de détail de quatre provinces différentes.

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