La Presse canadienne Francois Legault et Danielle McCann

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault a déçu plusieurs membres de son équipe, jeudi, en formant son conseil des ministres.

Nombreux sont ceux parmi les 74 élus caquistes du 1er octobre — députés ayant tenu le fort dans l’opposition et recrues «vedettes» — qui espéraient faire partie du cabinet Legault et qui se sont retrouvés bredouilles.

Certains ne cachaient pas leur amertume.

Claire Samson

La députée d’Iberville depuis 2014, Claire Samson présentait une feuille de route impressionnante. Titulaire d’un MBA, elle a été présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique, et successivement directrice générale de la programmation au réseau français de Radio-Canada, vice-présidente exécutive et chef des opérations de TQS ainsi que vice-présidente des communications à TVA. Elle espérait devenir ministre de la Culture et des Communications.

Jeudi, elle s’est présentée à l’assermentation, au Salon rouge, mais elle a quitté avant la fin, visiblement contrariée.

Donald Martel

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, ancien whip de la CAQ, espérait lui aussi accéder au Saint des saints. Ancien directeur général et secrétaire-trésorier de la MRC de Nicolet-Yamaska, il a été président de l’Association des directeurs généraux des MRC du Québec de 1999 à 2003.

Jeudi, il s’est présenté au parlement, l’air sombre, mais a refusé toute demande d’entrevue. «Pas aujourd’hui, s’il-vous-plaît», a-t-il dit aux journalistes.

Marc Picard

Élu député de l’Action démocratique du Québec (ADQ) dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudière en 2003, et réélu à cinq reprises, il a cumulé les responsabilités de leader parlementaire et porte-parole en matière de famille, environnement, culture et immigration. Ancien vice-président de l’Assemblée nationale, il aurait pu s’attendre à relever de nouveaux défis.

Benoit Charette

Diplômé de l’École nationale d’administration publique (ENAP), élu pour la première fois en 2008, Benoit Charette a déjà oeuvré en tant que coopérant en Haïti, à la Délégation générale du Québec à Mexico et au ministère des Relations internationales du Québec. Il était péquiste avant de passer à la CAQ en 2011.

Lise Lavallée

Députée réélue de Repentigny, Lise Lavallée a fait beaucoup pour recruter des femmes à la CAQ lors de la dernière campagne électorale. Notaire de formation, la députée aurait pu espérer faire partie du cabinet.

Youri Chassin

Présenté comme un candidat vedette, l’économiste Youri Chassin pouvait s’attendre à accéder au conseil des ministres. Le député de Saint-Jérôme oeuvrait auparavant au Conseil du patronat et au CIRANO, un centre interuniversitaire de recherche. Réputé pour ses idées situées à droite de l’échiquier politique, il a aussi été directeur de la recherche à l’Institut économique de Montréal (IEDM).

Jean-François Simard

Un des seuls députés de la CAQ à avoir déjà siégé comme ministre, avec Marguerite Blais et François Legault, Jean-François Simard pouvait s’attendre à recevoir un coup de fil du premier ministre. Il avait fait partie brièvement du cabinet de Bernard Landry au début des années 2000. Député de Montmorency, il détient un doctorat en sociologie de l’Université Laval, une maîtrise en développement régional de l’Université du Québec à Rimouski, et un baccalauréat en psychosociologie de la communication de l’Université du Québec à Montréal. Surtout, il est un compagnon d’armes de M. Legault depuis les débuts de la CAQ.

Ian Lafrenière

Le policier Ian Lafrenière, pourtant présenté comme un candidat vedette lors de la campagne électorale, a été exclu du conseil des ministres. Le député de Vachon a longtemps fait partie de l’équipe des relations médias du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Il y a été porte-parole pendant des événements majeurs tels que la crise du verglas, le sommet de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la crise étudiante de 2012 et les projets anti-motards.

Marilyne Picard

François Legault a beaucoup vanté les talents de la députée de Soulanges, Marilyne Picard, pendant la campagne électorale. Mère d’un enfant gravement malade, la cofondatrice et ancienne porte-parole du mouvement «Parents jusqu’au bout» avait mené un combat acharné au niveau médiatique, politique et public dans le but d’assurer l’équité entre les familles ayant un enfant lourdement handicapé et les familles d’accueil.

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