Greg Banning/La Presse canadienne Paul Bernardo

TORONTO — Ce qui pousse certaines personnes à adopter des pratiques sexuelles violentes et sadiques reste encore très mal compris, mais l’allégation de Paul Bernardo selon laquelle ses sentiments d’impuissance l’ont mené à commettre ses crimes sauvages est de la foutaise, a déclaré vendredi un expert bien informé du dossier du violeur et tueur en série.

Lors de sa tentative ratée d’obtenir une libération conditionnelle, cette semaine, Paul Bernardo a notamment fait valoir qu’un problème d’élocution dans son enfance et de l’anxiété développée plus tard sur ses performances sexuelles l’ont poussé à vouloir dominer les filles et les jeunes femmes. Un moyen, selon lui, de renforcer sa faible estime de soi.

«Ce sont des sottises», a déclaré le Dr John Bradford, un psychiatre légiste qui a procédé à une évaluation approfondie de Paul Bernardo avant son procès, il y a plus de vingt ans. «Les gens ne violent pas et ne commettent pas d’homicides sadiques parce qu’ils ont une faible estime de soi.»

Les personnes qui commettent des actes horribles comme celles commises par M. Bernardo ont une déviance vers le sadisme sexuel, généralement appelé paraphilie. Les personnes qui en sont atteintes trouvent leur excitation sexuelle dans la violence sexuelle et elles ont besoin de la composante violente pour être excitées.

Dans le cas de Bernardo, cela s’est traduit par 14 viols de plus en plus violents de filles et de jeunes femmes choisies au hasard à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Un parcours criminel qui s’est conclu par l’enlèvement, la torture et le meurtre de deux jeunes adolescentes.

On ne sait pas exactement ce qui provoque une telle déviance, mais il existe certaines preuves de lésions cérébrales à la partie avant du cerveau. Les zones responsables de gérer l’agressivité et l’activité sexuelle s’y trouvent l’une à côté de l’autre. Il n’est pas clair si les dommages sont survenus avant la naissance ont plus tard dans le cas des sadiques sexuels.

«Il n’est pas juste méchant; il a abouti là où il s’est retrouvé», a déclaré le Dr Bradford à La Presse canadienne. «Le lobe temporal a été endommagé d’une façon ou d’une autre chez les personnes atteintes de ce trouble. Il y a quelque chose qui s’est mal passé.»

La plupart des gens ont ce que les psychiatres appellent des «préférences sexuelles». Généralement, cela signifie une attirance pour une personne d’âge à peu près similaire et, généralement, mais pas toujours, pour une personne du sexe opposé. Lorsque cette préférence se gâte sérieusement, les adultes peuvent porter leur attention vers les enfants ou devenir le genre de monstre que Paul Bernardo était, un psychopathe incapable de comprendre ou d’être affecté par la souffrance des autres.

Paul Bernardo, maintenant âgé de 54 ans, a déclaré lors de l’audience pour sa libération conditionnelle qu’il ne prenait pas plaisir à torturer ses victimes. Il était trop préoccupé par ses propres sentiments et ses propres besoins, a-t-il plaidé, affichant des signes classiques d’égocentrisme et de narcissisme qui n’ont pas impressionné les membres de la commission des libérations conditionnelles. Ils n’ont pas avalé sa prétention selon laquelle il est «gentil avec tout le monde» et qu’il ne présente plus de risque de récidive.

«Il n’y a pas de remède contre la psychopathie», tranche le Dr Bradford. «Mais le risque de violence peut être atténué par un traitement.»

Les drogues et les thérapies intensives qui peuvent aider les déviants sexuels à refouler toute violence auraient pu fonctionner pour Paul Bernardo s’il avait cherché à obtenir de l’aide pendant son adolescence, croit le Dr Bradford. Pour ce faire, cependant, il aurait dû comprendre à quel point il devenait anormal.

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