Justin Tang/La Presse canadienne Andrew Scheer

OTTAWA — Le Parti conservateur cite en exemple la dépendance au pétrole provenant de pays comme l’Arabie saoudite comme argument pour vendre sa proposition de relancer le projet d’oléoduc Énergie Est, qui est destiné à l’exportation.

«Il faut arrêter d’être hypocrite, là. Les Canadiens ont besoin de pétrole, on a encore besoin de pétrole pour de nombreuses années», a argué le député québécois Pierre Paul-Hus lundi matin en point de presse.

«C’est une proposition de notre chef qui veut permettre au Canada d’être autosuffisant, d’arrêter de dépendre aussi du pétrole étranger», a-t-il ajouté au sujet de l’idée du leader conservateur Andrew Scheer de se rasseoir avec le promoteur TransCanada.

Citant l’Arabie saoudite comme l’un des pays peu fréquentables à qui Ottawa achète de l’or noir, il a plaidé que TransCanada pourrait «mettre en place un système de transport du pétrole canadien qui pourrait (profiter) aux Canadiens» s’il redémarrait Énergie Est.

Selon ce qui est ressorti de l’étude de ce projet, auquel s’opposaient de nombreuses municipalités au Québec, l’oléoduc aurait servi quasi exclusivement à l’exportation directe du pétrole des sables bitumineux vers d’autres marchés.

Le projet a finalement avorté, la société TransCanada l’ayant abandonné en octobre dernier en raison des changements apportés au processus d’évaluation environnementale de l’Office national de l’énergie (ONÉ).

Mais un gouvernement conservateur tenterait de le faire revivre, selon ce qu’a indiqué dimanche Andrew Scheer dans un discours visant à marquer le début du compte à rebours en prévision de la prochaine élection fédérale, qui doit se tenir le 21 octobre 2019.

Le projet de pipeline, dénoncé par les environnementalistes et les Autochtones, notamment, a été au coeur des débats lors de la dernière campagne électorale, en particulier au Québec, où il aura été un enjeu assez central.

Selon le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, cette velléité des conservateurs démontre leur méconnaissance de la réalité québécoise. «C’était clair pour le Québec: ce projet, c’était non», a-t-il offert en point de presse.

Le député du Bloc québécois Luc Thériault a abondé dans le même sens. «Il me semble que c’était assez clair en 2015 que les Québécois ne voulaient rien savoir de ce projet-là. Ils n’ont pas changé d’idée», a-t-il laissé tomber.

Le chef Scheer «peut toujours s’essayer» pendant la prochaine campagne, mais «il va avoir le Québec sur son passage», a-t-il enchaîné.

Au cabinet du ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, on a plaidé que «TransCanada a pris une décision d’affaires» et que «rien n’a changé dans le processus décisionnel du gouvernement», selon une déclaration écrite envoyée lundi soir par l’attachée de presse Vanessa Adams.

«Pendant 10 ans, les conservateurs ont échoué à soutenir le secteur et nous constatons aujourd’hui les conséquences de leur inaction. Nous ne prendrons pas le même chemin», a-t-elle ajouté dans cette réaction transmise à La Presse canadienne.

Notley ajoute son grain de sel

Du côté de l’Alberta, où l’annulation du projet Énergie Est avait suscité un vif mécontentement, la première ministre néo-démocrate Rachel Notley a profité de l’omniprésence de l’Arabie saoudite dans l’actualité pour plaider en faveur d’une réduction des importations de pétrole.

«Ce que nous disons très clairement depuis le début, c’est que nous ne devrions pas acheter de pétrole aux pays qui n’ont aucun intérêt pour les droits de la personne, aucun intérêt dans la lutte changements climatiques», a-t-elle souligné.

Les importations canadiennes de pétrole brut provenaient en 2017 des États-Unis (61 pour cent), de l’Arabie saoudite (12 pour cent), de l’Azerbaïdjan (6 pour cent), de la Norvège (5 pour cent) et du Nigeria 4 (pour cent), selon un site du gouvernement du Canada.

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