Radio-Canada Denis Bombardier

Plusieurs membres des communautés francophones du Canada ont répondu à la chroniqueuse Denise Bombardier, lundi, qui a affirmé la veille sur les ondes de Tout le monde en parle (TLMEP) qu’à travers le pays, «toutes les communautés francophones ont à peu près disparu».

Au cours d’un segment d’entrevue portant sur la langue française avec l’ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, Mme. Bombardier a affirmé qu’il ne restait que peu de communautés francophones en Ontario. «Au Manitoba, je suis allée encore au mois de janvier chez les Métis, on ne parle plus français [là-bas]», a-t-elle arguée.

Des propos qui ont provoqué de vives réactions dans plusieurs régions concernées du Canada. Le jeune franco-Ontarien William Burton, qui est derrière la plateforme Le Réveil – une page se décrivant comme un carrefour culturel, artistique et social de la francophonie en Ontario – s’est dit dimanche soir atteint par les propos de l’ancienne animatrice.

«C’est venu me chercher, assez pour en parler. Il faut s’assurer de permettre à la jeunesse canadienne de vivre et de découvrir sa fierté francophone personnelle, dans un environnement qui [lui] permet de comprendre les raisons derrière.» -William Burton, dans un Facebook Live.

«Je sais qu’on a plein de francophones et je sais qu’on n’est pas tout seuls au Canada», a-t-il renchéri en parlant de son vécu personnel, s’opposant ainsi aux propos de Denise Bombardier.

Des solutions
Au lieu de marginaliser les communautés, il faudrait selon lui laisser le temps aux jeunes de «réfléchir» à la langue et à la francophonie. «On n’a pas le temps de penser à ça au secondaire, a-t-il tranché. C’est seulement une petite minorité de jeunes qui sont capables de s’échapper de l’école et d’aller dans des camps de leadership, des festival, où on devient entourés de jeunes comme nous […] pour trouver des réponses identitaires.»

Après le décès de Gaétan Gervais, le co-fondateur du drapeau franco-ontarien, «beaucoup de jeunes» ont vu monter en eux la fierté de la francophonie, a poursuivi l’étudiant, qui dit vouloir créer un quartier général pour stimuler cet engouement autour de sa communauté sur le web.

«Ta fierté francophone, elle sort de toi, a-t-il dit. Mais quand tu reviens à l’école avec ce drapeau qui a maintenant une valeur énorme pour toi, tes amis n’ont pas la même vision. Ils continuent de parler anglais. C’est une réalité déchirante.»

William Burton estime qu’il ne faut pas être «anti-anglais», mais qu’il faut reconnaître le caractère essentiel et permanent des communautés francophones au Canada. «Personne ne m’a jamais imposé le français. On m’a partagé une culture, et des enseignants m’ont entouré là-dedans», a-t-il avancé.

Son message a rapidement été partagé à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux. «Bravo et continuons à nous affirmer. On a besoin des jeunes comme toi [pour] faire comprendre que le français est vraiment vivant en Ontario», a notamment réagi un internaute, suivi par plusieurs autres.

La twittosphère s’enflamme
Sur Twitter, la situation a aussi causé des réactions plutôt négatives dans certains réseaux. Un Acadien d’origine se décrivant comme un «Ontarien de naissance», Ricky G. Richard, a vivement condamné les propos de Mme. Bombardier.

«Madame, 2,7 millions de francophones vous écoutent et comprennent. Peut-être devriez-vous aller visiter le Centre de la francophonie des Amériques ou rencontrer la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA)?»

«C’est en effet choquant de voir comme des vieux clichés basés sur des préjugés continuent d’alimenter la profonde ignorance des Québécois sur ce qui se passe hors Québec concernant la francophonie», a réagi un autre usager du réseau social.

Même le directeur des communications de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Serge Quinty, s’est dit agacé par les termes employés.

«Cette propension qu’ont certains dans les médias québécois à parler des francophones hors-Québec (le plus souvent pour proclamer leur fin) sans  leur parler m’agace profondément.» -Serge Quinty

Aux yeux de plusieurs regroupements francophones dans l’Ouest canadien, il faut revoir le discours. Pour la Fédération des Métis du Manitoba (MMF), le fait de dire qu’il n’y a pas de français au Manitoba est une «insulte», selon les informations de Radio-Canada. Les mots de la chroniqueuse auraient «insulté beaucoup de monde», plaident d’autres représentants auprès de la société d’État.

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