James West James West / La Presse Canadienne

FREDERICTON — Le gouvernement libéral minoritaire du Nouveau-Brunswick a présenté mardi un discours du Trône qu’il espère rassembleur, mais on ignore si cela suffira pour lui permettre de survivre à un vote de confiance à l’Assemblée législative.

Le discours reprend de nombreuses promesses de campagne des autres partis, notamment un retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2020-2021. Les libéraux proposent aussi un nouveau mécanisme budgétaire qui serait ouvert aux citoyens, y compris un débat public sur la manière de hiérarchiser les dépenses des ministères. Ils proposeront par ailleurs une motion accordant aux quatre partis politiques le statut de parti reconnu à l’Assemblée législative.

Le gouvernement libéral souhaite aussi créer un comité multipartite chargé d’élaborer des solutions à un certain nombre de problèmes, notamment des recommandations visant à remédier à la pénurie d’ambulanciers paramédicaux d’ici le 15 décembre. Les libéraux veulent aussi travailler avec les universités et les collèges communautaires afin de fournir gratuitement, aux adultes que cela intéresse, l’occasion d’apprendre une deuxième langue officielle.

Le discours du Trône indique que le gouvernement collaborera également avec les autres partis et des groupes extérieurs pour s’occuper d’enjeux comme la hausse du salaire minimum et l’extension au secteur privé de la loi sur l’équité salariale. Les libéraux promettent aussi de se pencher sur une réforme électorale, de protéger les ponts couverts — dans le cadre de la stratégie touristique de la province — et de bannir éventuellement des herbicides comme le glyphosate.

À la fin du discours, la lieutenante-gouverneure, Jocelyne Roy Vienneau, a souligné aux élus que les Néo-Brunswickois s’attendent à un gouvernement stable, basé sur la coopération et la collaboration de tous les partis.

Elle a estimé qu’en accordant à quatre partis une représentation à l’Assemblée législative, de nombreux citoyens ont clairement indiqué que «tous les partis doivent jouer un rôle important pour faire progresser le Nouveau-Brunswick». Et qu’en adoptant la situation de gouvernement minoritaire, les députés avaient la possibilité de trouver un terrain d’entente tout en apportant davantage de perspectives à l’Assemblée législative.

«Une situation et une occasion exceptionnelles se présentent à tous les parlementaires, a conclu Mme Roy Vienneau. Ils ont maintenant l’occasion de prouver à la population du Nouveau-Brunswick qu’ils ont reçu son message et qu’ils sont prêts à travailler ensemble.»

Un président libéral

Les libéraux tentent de demeurer en selle après avoir remporté 21 sièges, soit un de moins que les progressistes-conservateurs; les verts et l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick ont remporté chacun trois sièges.

La session avait pu commencer mardi matin lorsque les libéraux ont proposé l’un de leurs élus au poste de président de l’Assemblée législative. Le député libéral de Restigouche-Chaleur, Daniel Guitard, a été le seul à se porter volontaire pour occuper ce poste. Cette nomination prive le parti d’une voix à l’Assemblée législative, et les autres partis avaient d’ailleurs refusé de proposer un candidat, en raison du résultat serré du scrutin de septembre.

Les libéraux auront toutefois besoin de 25 voix en Chambre pour faire adopter le discours du Trône, considéré comme un «vote de confiance», qui peut faire tomber un gouvernement. Or, en excluant le président de l’Assemblée, les libéraux disposent de 20 députés. Et le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs, a prévenu depuis des semaines que sa formation voterait contre ce discours du Trône, parce que les libéraux, selon lui, «ne souhaitent que gagner du temps» en «s’accrochant au pouvoir».

Comme la procédure prévoit des débats et d’autres formalités, le vote sur le discours du Trône ne devrait pas avoir lieu avant le vendredi 2 novembre. M. Higgs prévient qu’il va essayer d’ici là de présenter d’autres motions de confiance dans le but de renverser plus tôt ce gouvernement libéral, mais il s’attend à ce que ses efforts soient déclarés irrecevables par la présidence.

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