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MONTRÉAL — Le Québec vient de passer le cap des 75 000 infirmières inscrites au tableau de l’Ordre. Et celles-ci… rajeunissent.

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec indique en effet, mardi, que 75 042 infirmières étaient inscrites au tableau de l’Ordre pour l’exercice 2017-2018. L’année précédente, elles étaient 74 254.

«Ça augmente d’année en année, de petites augmentations, mais on reste en augmentation», a résumé au cours d’une entrevue Daniel Marleau, analyste en intelligence d’affaire à l’OIIQ.

L’Ordre a délivré 3331 permis, qu’il s’agisse de nouvelles diplômées des cégeps ou des universités d’ici ou de diplômées de l’extérieur du Québec — des autres provinces, d’Haïti, de France, de pays du Maghreb, par exemple — dont la formation a été reconnue et qui ont obtenu un permis. Bon an mal an, de 10 à 15 pour cent des nouvelles titulaires de permis sont formées hors du Québec, a noté M. Marleau.

L’Ordre ne se prononce pas quant à savoir s’il y a ou non pénurie d’infirmières. «Une pénurie, c’est une différence négative entre l’offre et la demande. Nous, on ne chiffre pas la demande de soins; on ne chiffre pas les postes vacants. Nous, tout ce qu’on chiffre, c’est l’offre. Et l’offre est en croissance: il y a plus d’infirmières qui donnent des soins. Est-ce que c’est suffisant pour rencontrer les besoins et la croissance de ces besoins? Ça, on n’a pas cette réponse-là», a expliqué M. Marleau.

Vers le public?

Ces chiffres sont «une excellente nouvelle», s’est réjouie de son côté Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, l’organisation syndicale qui représente la grande majorité des infirmières au Québec.

«Malgré toutes les années difficiles qu’on vient de passer, avec la réalité de la pratique actuelle, qui comporte de grands défis», c’est vraiment bien qu’autant de gens viennent encore dans la profession, a souligné la dirigeante syndicale.

Elle s’empresse d’ajouter un bémol: vont-elles venir pratiquer dans le réseau public, là où les besoins sont grands?

«Le défi c’est de rendre le réseau public de santé attractif et de s’assurer qu’il y a un maximum de ces professionnelles en soins-là qui vont venir travailler dans ce réseau-là.»

Et pour rendre le réseau public plus intéressant, il faut diminuer la charge de travail des infirmières et le recours aux heures supplémentaires obligatoires, plaide Mme Bédard.

Plus jeunes qu’avant

Par ailleurs, l’effectif infirmier rajeunit. Au 31 mars dernier, l’âge moyen de l’effectif était de 41,5 ans. Cet âge moyen a reculé de 1,5 an en sept années. Ceci est dû à l’arrivée de nouvelles diplômées en nombre, jumelée au départ à la retraite d’infirmières plus âgées. Ainsi, le nombre d’infirmières de 45 à 54 ans a diminué d’année en année depuis 2013-2014, pendant que celui des infirmières de 25-34 ans et de 35-44 ans croissait.

Des 75 042 infirmières, 70 489 occupent un emploi en soins infirmiers. Les autres occupent un emploi dans un autre domaine ou ont pris leur retraite au cours de l’année — les nombres sont calculés à la fin de l’année — ou sont en congé de maternité, par exemple, a expliqué M. Marleau.

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