La Presse Canadienne

TORONTO – Le coroner qui préside l’enquête sur la mort d’Ashley Smith a rejeté une motion visant à restreindre sa portée.

Le docteur John Carlisle a indiqué qu’il fournira les motifs de sa décision ultérieurement.

Les Services correctionnels et plusieurs médecins soutenaient que l’enquête devait se concentrer sur la dernière semaine qu’a passée Ashley Smith en prison avant de mourir étouffée dans sa cellule en 2007 à Kitchener, en Ontario.

La famille de Mlle Smith a pour sa part plaidé que la portée de l’enquête devait être beaucoup plus large, et s’est battue avec succès pour que soient diffusés des images troublantes captées par des caméras de surveillance lors de la détention de la jeune femme.

Il y a une dizaine de jours, le premier ministre Stephen Harper a vertement critiqué les Services correctionnels pour la façon dont ils ont procédé dans le cas de la jeune Néo-Brunswickoise. M. Harper a estimé qu’il s’agissait d’une horrible tragédie, et que le comportement de Services correctionnel était complètement inacceptable. Il leur a également ordonné de coopérer à cette enquête du coroner.

En signe de coopération, quatre médecins provenant de l’extérieur de la province qui s’étaient initialement opposés à leur assignation à comparaître ont finalement accepté de participer aux audiences.

L’enquête a également entendu mardi les demandes pour que les Services correctionnels produisent une liste complète de toutes les vidéos pertinentes qu’ils ont en leur possession.

Mlle Smith, de Moncton, est décédée à l’âge de 19 ans, étranglée par une bande de tissu qu’elle s’était elle-même enroulée autour du cou. Ses gardiens qui montaient la garde à l’extérieur de la cellule avaient reçu ordre de ne pas intervenir.

Sur la vidéo projetée lors de la dernière audience, des gardiens administrent de force à Ashley Smith des tranquillisants et lui collent du gros ruban adhésif sur la bouche.

Mlle Smith avait été arrêtée pour la première fois à l’âge de 13 ans pour voies de fait et troubles de l’ordre public. Elle a récidivé ensuite, notamment en logeant des appels téléphoniques harcelants et en actionnant une alarme d’incendie. À 15 ans, elle a été emprisonnée une première fois pour avoir lancé des pommes à un facteur.

Elle s’est retrouvée dans le système carcéral fédéral en octobre 2006, puis a subi 17 transferts dans des pénitenciers de cinq provinces différentes. Malgré sa maladie, la jeune femme a passé la dernière année de sa vie en isolement, puisqu’elle se livrait à de nombreuses automutilations.

Le chef libéral par intérim, Bob Rae, a déjà réclamé une enquête publique pour comprendre la tragédie qui a causé la mort d’Ashley Smith, mais aussi pour examiner comment le système carcéral était incapable de s’occuper des détenus souffrant de problèmes mentaux.

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